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A l'affiche pour la saison 2008-2009.

L'Echange de Paul Claudel.

Mise en scène Yves Beaunesne.



Du 12 novembre au 14 décembre 2008 au Grand Théâtre .


Composée à New York et Boston en 1893-1894, L'Échange est la pièce la plus dépouillée de Claudel : trois actes, un décor naturel unique, deux couples, l'infidélité qui rôde et entraîne la mort. Elle est créée en 1914 par Jacques Copeau.

Louis Laine a ramené de France sa femme Marthe qu'il a arrachée à son foyer. elle l'a suivi sans regret, car il a su lui inspirer la "passion de servir". Il a été engagé comme gardien de la propriété d'un riche américain, Thomas Pollock Nageoire, marié à Lechy Elbernon, actrice. Thomas Pollock Nageoire, séduit par la modestie et la sagesse de Marthe, offre à Louis Laine de lui acheter sa femme ; Laine accepte le marché, consent à partir et empoche l'argent. il annonce sa décision à Marthe et cherche à la persuader qu'il répare ainsi le tort qu'il lui a fait en l'épousant. Marthe le supplie de la garder : elle ne cherche pas le bonheur "mais la peine et la douleur" qui sont la part de la femme mariée.

Entretemps, Louis Laine est devenu l'amant de Lechy Elbernon qui vient insulter Marthe, lui révélant son déshonneur…


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Photos du Net



L'Échange selon Paul Claudel
            
            
            
"Ne donnez jamais rien pour rien"

          Thomas Pollock Nageoire.

   


          
 "La chimie moderne a découvert des substances qui du seul fait de leur présence, elles-mêmes intactes, déterminent la combinaison d'éléments autrement indifférents l'un à l'autre. C'est ce que l'on appelle des catalyseurs. Des catalyseurs, il y en a aussi entre les âmes. Voici l'un d'entre eux, acteur inerte, exposé sur une table boiteuse, au milieu de cette pièce appelée précisément L'Echange. C'est l'argent. L'argent ou possibilité d'autre chose. Le moyen quasi mystique de se procurer autre chose.
            
            L'"Agent de change", Thomas Pollock, est l'officiant solennisé par le destin pour présider à tout ce qui peut résulter d'une comparaison entre les valeurs. Pourtant serait-ce en vain qu'il a fait foisonner cette liasse verte - dollars! - aux yeux d'un sauvage doué d'une absence, disons congénitale, de poches? Elle       garde sa puissance de suggestion, irrésistible. Louis Laine, dernier représentant d'une race condamnée, en qui s'accroît peu à peu l'appel de l'horizon et de la mort, est allé chercher là. bas, de l'autre côté de l'Océan, le seul être, Marthe, une femme, qui ait le pouvoir en même temps que la vocation de l'arracher à sa pente. Mais dans nos grandes villes elles-mêmes manque-t-il aussi de sauvages, c'est-à-dire d'irréductibles, engagés dans la protestation, est-elle complètement illégitime? de l'individu contre la règle? Ce drame, L'Echange, nous montre un de ces conflits, où les amants, malgré une attraction réciproque, née précisément de la contrariété, sont séparés par des intérêts divergents. Marthe est la raison, la vertu, le salut, l'avenir symbolisé par cet enfant qu'elle porte dans son sein. Mais celle-ci à son opposé dans le jeu des Quatre Coins, celle-ci, Lechy Elbernon, qui est l'Imagination, l'Inconnu, qu'elle est forte sur une jeune âme obscure! Akkeri   ekkeri ukkeri an ! La voici qui procède à une redistribution des rôles.
            
Ne sommes-nous pas les uns aux autres nos propres Parques ? "

         


          Paul Claudel (1952), "Mercure de France"

         


           “L’esclavage où je me trouvais en Amérique m’était très pénible, et je me suis peint sous les traits d’un jeune gaillard qui vend sa femme pour recouvrer sa liberté. J’ai fait du désir perfide et multiforme de la liberté une actrice américaine, en lui opposant l’épouse légitime en qui j’ai voulu incarne la passion de servir."

                                                                           

                                                                        Paul Claudel à Marguerite Moreno 29 avril 1900



Mon avis :  Tout d'abord, Ce n'est pas la pièce que je préfère de Claudel ! Le décor est minimaliste mais convient tout à fait à la gestuelle des acteurs et à l'accent mis sur le texte. Les comédiennes sont excellentes, surtout Marthe, la douce-amère. Les comédiens sont justes aussi, si l'on excepte le phrasé scandé de Louis Laine absolument inutile et le costume (mais ça ce n'est pas de son fait!) de JR dans Dallas de Thomas Pollock ! Cependant,... un peu longuet, manque d'envolée sur un tel lyrisme, donc? ... applaudissements peu nourris ! Etait-ce la salle de ce mercredi soir?...