22 novembre 2009
Un Bal, dans les années 20
A ma mère.
Il y a bal, ce soir... Les parents y conduisent leur toute jeune fille. Elle est si heureuse; elle adore danser ! Souvent, le dimanche, elle-même et les cousins écoutent les disques crachotant sur le phono et dansent !
La salle est superbe. Comme il s'agit du grand Bal des Jardiniers, il y a des guirlandes de fleurs partout. L'odeur vous grise déjà ! Le père a acheté un petit bouquet de corsage pour sa fille et on a justement proposé à la jeune fille de devenir bouquetière d'un soir. La voici qui se glisse parmi les invités qui se pressent, portant sa corbeille de fleurs odorantes, fière de son rôle malgré sa timidité. Son allure ne passe pas inaperçue ! Elle est gracieuse, a des bras et des épaules d'une blancheur laiteuse miraculeuse. Elle est blonde et un casque de boucles entourent son visage. Elle a hérité des beaux yeux bleus de son père. Elle est enchantée de sa robe en lamé et velours marron. Ses bas de soie sont tellement doux et ses chaussures à petits talons si confortables qu'elle a l'impression de glisser sur un nuage ! Elle s'émerveille de tout. Elle n'a pas besoin de proposer; on se presse autour d'elle...
- Mademoiselle! Mademoiselle! S'il vous plaît !...
La Bouquetière de Prudhon
La corbeille est presque vide. Les deux derniers bouquets seront pour ces beaux militaires en tenue bleue horizon, tout bronzés. Elle surprend qu'ils reviennent du Maroc. Mais elle n'entend pas la suite de la conversation...
L'un des militaires dit à l'autre :
- Tu as vu cette petite blonde ?... Et bien, ce sera ta femme !
Le beau brun est bien surpris !
- Comment peux-tu le savoir; tu es devin?
- Tu verras !...
La jeune fille est emportée par le tourbillon des valses et des fox-trot. Elle s'amuse ! C'est un rêve!
Parfois elle va se recoiffer ou se rafraîchir pour discuter un peu avec ses amies. Tout le monde est d'accord pour trouver que la soirée est réussie.
Entre chaque danse, elle retourne vers les mères qui discutent. Elle se jette sur la chaise ce qui lui vaut un regard réprobateur de sa mère mais elle pose la tête sur son épaule et murmure :
-Je voudrais que ce soir ne finisse jamais ! C'est le plus beau bal de ma vie !
Elle a quinze ans et ne croit pas si bien dire...
Voici que le grand militaire brun s'approche. Il s'incline et demande au papa la permission de danser avec la demoiselle... Il rit intérieurement en pensant à ce que son ami a dit ! Si elle est celle qui doit devenir sa femme, autant faire connaissance aujourd'hui !
C'est une valse. La jeune fille la danse bien. Le militaire en est content car il aime danser. On échange quelques mots :
- Quel âge avez-vous, Mademoiselle ?
- Devinez, Monsieur.
- Dix-huit ans, Mademoiselle ?
- C'est cela, Monsieur !
Aurait-il demandé l'autorisation de la revoir s'il avait su qu'elle n'avait que quinze ans?... Sans doute, puisque le sort en était jeté : ils se marièrent deux ans après !
Mes parents ont célébré leurs Noces d'Or le 15 octobre 1979 par une grande Fête. Ils sont allés jusqu'aux Noces d'Orchidée : 55 ans.
"Au Café de Paris" 1929
21 novembre 2009
La Nuit des Rois
et

Twelfth Night or What you will,
la douzième nuit après Noël. Celle qui concluait, dans le calendrier elisabethain, les fêtes de Noël et pendant laquelle on pouvait se travestir, faire des farces, provoquer et s'amuser.
"Rien n'est de ce qui est"
C'est en effet une intrigue échevelée, avec quiproquos, confusions, mensonges, délires et travestissements...
Thème : En Illyrie, où règne le duc Orsino, amoureux de la riche et belle Comtesse Olivia, une tempête a provoqué le naufrage d'un navire venant de Messine. Viola et son jumeau Sébastien ont survécu au naufrage, échouant à deux endroits de la côte et chacun croyant son jumeau disparu... Viola se travestit en garçon et se place chez le Duc afin d'observer ce qui se passe dans cette région avant de dévoiler qui elle est.
Mise en scène : Nicolas Briançon
Avec : Sara Giraudeau, Arié Elmaleh, Chloé Lambert, Henri Courseaux, Yves Pignot, Jean-Paul Bordes, François Siener, Emilie Cazenave, Thibaud Lacour, Aurore Staudercauchy, Sophie Mercier, Pierre-Alain Leleu.
Jusqu'au 29 Novembre 2009
Du Mardi au Vendredi à 20h30
Le samedi à 17h et 21h
Le dimanche à 17h
Mon avis : Pièce
savoureuse et truculente avec bouffonneries et joie de vivre. Je dois
dire que j'ai une tendresse particulière pour cette pièce puisque j'ai
joué le rôle de Viola au lycée ! Sara Giraudeau confirme ses aptitudes.
J'ai aimé Arié Elmaleh en bouffon déjanté plus tendre que cruel. Sir
Toby et Sir Andrew, ainsi que Malvolio sont parfaits.Les "jumeaux",
excellents. Par contre Orsino n'a pas la fougue amoureuse que
j'attendais et Maria, la suivante de la Comtesse, n'articule pas assez et
pourtant elle a une charmante voix grave.
L'économie de décor est ici exceptionnellement suggestive; c'est à remarquer.
19 novembre 2009
Auvergne. Montferrand, suite
Visite aujourd'hui des beaux hôtels que j'ai connu sinistrés, envahis de mousse et de mauvaises herbes et menaçant de s'écrouler ! La restauration avance mais reste encore à poursuivre...
Hôtel Fontfreyde ou Maison de Lucrèce.
Je ne sais pourquoi le maître des lieux a choisi ce thème pour le balcon de sa demeure... Lucrèce est représentée au milieu, se perçant le cœur d'une dague. L'entourent son mari et son violeur...
Hôtel Régin ou de l'Annonciation


L'Ange Gabriel fait son annonce à Marie. Sur le pilier, Saint Christophe portant l'Enfant Jésus.
Hôtel de la Porte ou Maison de l'Architecte.
Au-dessus de la porte, le blason de la famille de La Porte. Il n'est pas sûr qu'un architecte ait habité là. Le nom vient peut-être seulement de la structure octogonale de l'escalier.
Hôtel de Fontenilhes
Hôtel d'Albiat ou Maison des Centaures.
Hôtel de Lignat ou Maison du Notaire
Hôtel Gaschier
Maison de l'Elephant.
D'origine romane, elle a été remaniée au XVe et XVIe siècles.
Maison de l'Ange.
Le tympan de la porte montre un ange tenant un écu aux armes de la famille propriétaire de la maison entouré de feuilles de chêne.
Maison d'Adam et Eve.
Fait partie de l'Hôtel de la Chanterie sans doute nommé ainsi parce que le Chantre de l'Eglise toute proche devait y habiter. La façade, du XIIIème, est gravement défigurée et les fenêtres, retouchées à la Renaissance, partiellement bouchées).
Le balcon de la cour est orné d'une Tentation.
Il y a bien d'autres trésors au fond des cours. Il suffit souvent de pousser une porte. Cette année, on poursuit la restauration des remparts.
Il fut un temps où Montferrand était un vrai château-fort entouré de douves et de fossés. Il y a encore un pont avec octroi mais il n'enjambe que la chaussée ! Et la "rue des fossés sous le séminaire" n'est plus au bord de l'eau... Qui sait, peut-être un jour la Tiretaine chantera à nouveau sous le pont !
Cet endroit me tient au cœur parce que j'ai grandi tout près, dans la propriété de mon grand-père (l'homme à la moustache assassine) où il faisait cultiver de l'angélique et fournissait ainsi tous les confiseurs de Clermont-Ferrand. Mais ceci est une autre histoire !
17 novembre 2009
Montferrand, en Auvergne
On connaît la ville de Clermont-Ferrand. Mais sait-on que ce nom vient en fait d'une union, décidée en 1630, de deux cités Clermont et Montferrand.
Un peu d'histoire :
- Clermont-Ferrand est né de la fusion, effective au 18ème (1730), de 2 cités longtemps opposées : Clermont et Montferrand.
- Villes très différentes, Clermont est une ancienne cité épiscopale d'origine antique, Montferrand une ville "neuve" fondée au 12ème siècle par les comtes d'Auvergne.
- Clermont proche de Gergovie et métropole des Arvernes, devint une brillante cité sous Auguste.
- Siège d'un évêché dès le 4ème, la première croisade y fut décidée au 11ème.
- Souvent pillée et envahie, la ville fut au centre des conflits opposant les comtes et les évêques d'Auvergne.
- Après son annexion par Philippe Auguste, l'évêque fut confirmé seigneur de Clermont.
- Catherine de Médicis se fit adjuger la seigneurie de la ville et contribua à sa prospérité.
- Enfin Louis XIII l'annexa à la Couronne.
- Rivale de Riom, elle fut embellie et agrandie par ses intendants au 18ème.
- Ville universitaire paisible jusqu'à la fin du 19ème, elle connut depuis, avec l'industrie du caoutchouc, une expansion industrielle exceptionnelle.
- Patrie de Pascal (1623-62).
- La basilique Notre-Dame est classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO, dans le cadre des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
- Maire : Serge Godard.
Borne qui montre la limite des deux cités
Montferrand, au 12ème siècle est la possession des comtes, puis des dauphins d'Auvergne, qui y établirent une base défensive.
- La ville passa aux Beaujeu, puis aux 15ème au duc de Berry, et enfin au comte d'Artois au 18ème.
- Ville marchande prospère aux 15ème et 16ème avec un atelier monétaire et ses célèbres foires.
- Au 16ème, création de la Cour des Aides, qui fut transférée à Clermont au 17ème.
- Sa fusion avec Clermont a marqué son déclin, mais a eu l'avantage de protéger son caractère médiéval.
Montferrand
Le plan général de la ville est dominé par la place ronde Marcel Sembat, site de l'ancien château dont il ne reste qu'une tour importante à l'entrée de la petite rue du château, et l'agencement des pâtés de maisons par rapport à deux grandes voies se croisant à angle droit, rues des Cordeliers et Jules Guesde (Nord-Sud), rues du Séminaire et de la Rodade (Est-Ouest). La plupart des rues sont parallèles à ces axes. C'est le long des deux grandes voies perpendiculaires que se trouvent la plupart des belles maisons du XVe et du XVIe siècles. Elles sont de deux types, d'une part la grande maison de pierre à deux corps de logis reliés par des galeries où l'essentiel de la décoration est concentré dans la cour intérieure (tourelle d'escalier, galeries), parfois une porte extérieure monumentale, d'autre part la maison à pans de bois et à encorbellement (c'est-à-dire dont les étages sont en saillie par rapport au sol).
En application de la loi Malraux de 1962, le patrimoine de Montferrand
a été classé en " secteur sauvegardé ", ce qui a permis une
restauration qui actuellement reste partielle.
L'église Notre-Dame de Prospérité est de style gothique ; elle a conservé une tour de guet surmontée d'une lanterne.
La rue Notre Dame rejoint la rue Jules Guesde (autrefois rue de la fontaine) par un escalier.
Rue Jules Guesde, au niveau de la rue Notre Dame
Carrefour des Taules, Rue Jules Guesde, Rue du Séminaire
Rue du Séminaire
Maison des 4 têtes
Autre côté de la rue du Séminaire
Hotel Pradal
Carrefour des Taules, depuis la rue de la Rodade, vue sur la rue du Séminaire.
La Maison de l'apothicaire
détails en levant le nez ! le clystère:
le malade !
La Maison des Capucins
Remarquez les différences de niveau dans les rues et le nombre d'escaliers pour accéder aux portes d'entrée. C'est que la ville est construite sur une butte et que pour faciliter la circulation - non pas des voitures,mais des charrettes et tombereaux des cultivateurs et vignerons, le sommet en a été arasé. On se retrouvait donc au niveau des soubassements et des caves et il a fallu créer les escaliers pour parvenir aux entrées du rez-de-chaussée !
La Maison de l'échauguette
L'Hôtel de Baillage
Maison à pans de bois
La Maison des Echevins
Porte de l'Hôtel Doyac
Les photos ne sont pas miennes mais de Marcel Tichit, Stéphanie Lechêne et Fille de l'Air.
Si cela vous a plu, poursuite de la Visite jeudi.
15 novembre 2009
Pluie d'automne
...épaisse, lancinante et glacée... Les rues désertes d'un dimanche à Paris qui ressemble à un dimanche en province. Les voitures fuient, les quais restent vides, les jardins pleurent. Les salles de cinémas et les théâtres déversent périodiquement des foules compactes sous les regards haineux de ceux qui attendent sous le parapluie du voisin qui dégouline. C'est une pluie interminable, intarissable... Elle emporte avec elle les dernières feuilles des arbres têtus qui refusaient de se laisser dépouiller. Il y a de la buée aux vitres des cafés et les manteaux exhalent de la vapeur lorsqu'on y pénètre. C'est la pluie de novembre, celle de l'entre-deux, entre l'automne et l'hiver... Une pluie qui ressemble aux larmes d' un chagrin lourd, comme une perte, un deuil, un souvenir...
Spleen : Pluviôse, irrité contre la ville entière
Pluviôse, irrité contre la ville entière,
De son urne à grands flots verse un froid ténébreux
Aux pâles habitants du voisin cimetière
Et la mortalité sur les faubourgs brumeux.
Mon chat sur le carreau cherchant une litière
Agite sans repos son corps maigre et galeux :
L'âme d'un vieux poète erre dans la gouttière
Avec la triste voix d'un fantôme frileux.
Le bourdon se lamente, et la buche enfumée
Accompagne en fausset la pendule enrhumée,
Cependant qu'en un jeu plein de sales parfums,
Héritage fatal d'une vieille hydropique,
Le beau valet de cœur et la dame de pique
Causent sinistrement de leurs amours défunts.
Charles BAUDELAIRE (1821 - 1867)
Au Père Lachaise
Photo : Olivier Vancayzeele
Tombe au Père Lachaise
Tombe de Balzac
photos Olivier Vancayzeele
A mon père...
12 novembre 2009
Clermont-Ferrand 2009
Troisième volet : Voyage dans le Clermont actuel.
On peut reconnaître aisément les lieux choisis en 1900 et 1960, en fait : le centre-ville . Mais beaucoup de quartiers ont énormément changés. De nombreux vieux immeubles en pierre de lave ont disparu, cédant la place au béton et au verre... La politique du maire ressemble à "on rase tout" ! Heureusement, les Gaulois veillent et certains chantiers s'arrêtent pour cause de "fouilles archéologiques" !
Cependant il faut reconnaître que Clermont est beaucoup plus agréable que dans les années 60 ! Le centre ville a retrouvé sa sérénité grâce aux secteurs piétonniers mais aussi une certaine modernité. C'est, par exemple, LA ville du "court métrage"...
Vue générale depuis Montjuzet. Quelques immeubles de plus. la ville s'étend à présent sur les collines environnantes.
La place de Jaude entièrement redonnée aux piétons, avec cafés et terrasses.
Le Grand Hotel (1960) (de la Poste 1900) est devenu local pour une Mutuelle...
Les jets d'eau et les bassins sont bien rafraîchissants l'été !
Le "Fond de Jaude" a beaucoup changé ! Le quartier devant l'Hotel-Dieu a été rasé pour faire place à un grand complexe commerces et loisirs : le Centre Jaude ou Carré Jaude 1.
Le tramway est revenu ! Et il est rouge ! Ici, place de Jaude et toujours devant l'hôtel de Lyon ! (voir photo tramway 1953) Clermont-Ferrand a été la première ville de France à avoir un tramway électrique en 1890.
Le tramway avenue des Etats-Unis (anc. rue de l'écu suivie de la rue St louis) !
Je ne sais de quelle couleur était le tramway de 1900 mais celui que j'ai à peine connu était rouge aussi (et beige).
Rue Blatin. Le Cré*it L*onnais n'a pas quitté le coin de la rue et Vercingétorix n'est pas descendu de cheval !
Au fait, question pour "Qui veut gagner des millions ?"... Sur quelle partie du corps le cheval de Vercingétorix repose-t-il sur le socle ?
a - pattes avant
b - pattes arrières
c - le ventre
d - la queue
A vos claviers !
Boulevard Desaix : le Pri*unic est devenu Mon*prix
Rue du 11 Novembre (anc. rue neuve). La belle façade, sur la gauche, était le salon de thé de mon enfance ( A Trianon) ; c'est à présent un magasin de chocolats et pâtisseries "La Ruche Trianon".
Rue des Gras, en bas. On peut y flâner à nouveau : plus de voitures!
Rue des Gras, plus haut. Au fait, "rue des Gras" (que les minces peuvent aussi emprunter, n'est-ce pas, Mab ?) veut en fait dire "rue des gradins", dans le sens de "escaliers" car elle est très pentue et se termine par une volée d'escaliers jusqu'au porche de la cathédrale.
La Place de la Victoire, rendue aux piétons, elle aussi. C'est peut-être le lieu qui a le moins changé en un siècle. Mêmes certaines boutiques comme un magasin de tissus et une pharmacie sont encore là !
En arrivant Place Gaillard : ni vespasiennes ni horloge. Place au tramway !
La Rue du Port. beaucoup de crépi rose ou crème sur les façades pour égayer le noir de la lave. Belle restauration. Circulation limitée aussi.
La Gare de Clermont. Toujours plus grande !.. MAIS quand aurons-nous le TGV auvergnat ? On pourrait créer un TGV transversal : le BCG (mais non, pas le vaccin !) Bordeaux Clermont Grenoble remplaçant le sempiternel PLM ! ( Paris Lyon Marseille )
C'était : "une ville, un siècle". Fin du reportage.
Merci de votre fidélité.
09 novembre 2009
Flâner avec Blondine en Alsace
Euh... ? En Alsace ?...
Aaaah !!! Ouiiiiiiiiiiii !
Nous sommes bien à Strasbourg !
Et les vendanges sont faites !
Ouh, c'est haut ! C'est même plus haut que Notre-Dame !
Flânerie en "Petite France"... à la tombée du jour...
Merci Blondine !
Ce petit reportage date d'octobre mais je vous le montre aujourd'hui pour célébrer mon apprentie-journaliste. Aujourd'hui est son anniversaire. Elle a 21 ans. (Et oui, elle avait un an à la chute du mur, nous ne l'avons pas fait exprès !)
Aussi, je lui souhaite un Très Bon Anniversaire et beaucoup de "Felicità" -Bonheur - ( qui est le nom du blog qu'elle vient de créer).
Longue, longue et belle vie à toi, ma chérie, et à ton blog !
Blondine : Paris-Berlin 2008
07 novembre 2009
Ma Mode adolescente années 60 - 70
Après ça :
1959 (photo du Net)
Souvenez-vous : les jeunes filles avaient l'air de poupées avec leurs jupons gonflants !...
(Ces mots me font penser immanquablement à la belle chanson d'Yves Montand :
"Une demoiselle sur une balançoire
Se balançait, à la fête, un dimanche
Elle était belle et l'on pouvait voir
Ses jambes blanches sous son jupon noir !")
Les années 60 ( Collège et Lycée) vont paraître bien plus modernes ! Et, regardez bien, vous verrez les jupes raccourcir jusqu'à la minijupe !
Petites robes sages pour aller... au concert des Beatles ?... Disait-on "concert" à l'époque ?... Il me semble que c'était réservé aux seules "JMF"... On allait simplement écouter Adamo au Théâtre municipal ou au Jardin Lecoq l'été !...
Ce sont les années des mariages de mes frère et soeur et je me rappelle la remarque de ma grand-mère Jeanne à ma belle-sœur (1966) : "Une femme mariée ne montre pas ses genoux !" Et lorsque nous disions : "C'est la mode, grand-mère!" elle rétorquait : "C'est indécent !"
Les jupes raccourcissent mais l'ensemble reste sage ! 
Je me rappelle parfaitement ce jaune soleil ! Et aussi les jupes-culottes que j'aimais beaucoup ! Et pour la plage, le maillot-short et le bermuda. Sans oublier les ensembles en éponge!
Les petites robes pour les "surprise-parties" ! La mode collège et les robes souples à motifs psychédéliques de l'été 69...
Années 70 - Années étudiantes.
La majorité n'est qu'à 21 ans !
La petite robe chasuble et les sous-pulls (1972)
Les coordonnés pastels et toujours le pantalon patte d'eph
Les twin-set, mocassins et les grosses chaussettes
Les blousons poilus en dedans mais aussi au-dessus!
Le daim chic, le cuir, le manteau en peau de mouton retournée et les grandes bottes
J'espère que cette plongée dans l'univers des sixties et seventies vous a amusés !
Edit de midi :
Pour Marie-Ange et mes lecteurs qui ont pu dire "Oh Yeh" avec Antoine et sa chemise à fleurs, les paroles d'une chanson de Georges CHELON :
MERCI D'ETRE VENUS (chanson manquée)
Album : Lettres ouvertes
Merci d'être venus malgré tous vos soucis
La grève du métro, le dernier Loft Story
Merci d'avoir bravé peut-être la tempête
Un sacré mal de dos, un fichu mal de tête
[...]
Merci d'avoir traîné quelques jeunes avec vous
Ils me connaissent peu, très peu ou pas du tout
Qu'importe, ce qu'il faut, n'en prenez pas ombrage,
C'est baisser à tout prix notre moyenne d'âge
[...]
On a tous en mémoire les trois mois de vacances
Le dernier bonnet d'âne, le lait de Mendès-France
Et les caramels mous et les chewing-gums gagnants
Victor Hugo sur les billets de cinq cents francs
Laïka tourne autour de la Terre qui se plaint
Le téléphone est rouge, le mur est à Berlin
A Dallas, Kennedy va croiser son destin
On marchera sur la lune dans les bottes de Tintin
James Dean et Marylin, Bardot, Gérard Philipe
C'est la fureur de vivre et Fanfan la Tulipe
C'est la Guerre des Boutons et les Jeux Interdits
Zitrone en noir et blanc, Bonne Nuit les Petits
C'est la Nouvelle Vague, c'est la Baie des Cochons
Les pantalons patte d'eph, les jeans, les bas nylon
C'est la guerre d'Algérie, le retour des pieds-noirs
De Gaulle, Mai 68 et un nouvel espoir
Dans la deudeuche on fait l'amour sans la capote
La première mini-jupe au ras de la culotte
C'est la vie sans portable, la vie sans carte bleue
La vie sans autoroute, les temps moyenâgeux
Brel, Brassens, les Beatles, Take Five et Paul Anka
Brenda Lee, les Platters, la table en formica
Warum et les yéyés et les disques en plastique
Dans les boums, le Teppaz pour cracher la musique
Bobet, Fausto Coppi, Killy, Kopa, Pelé
Jazzy, Di Stefano, Yachine, sans oublier
Carrieri, des noms certes moins nobles
Mais qui ont porté haut les couleurs de Grenoble
Comme vous le voyez, on est tous dans le même train
On a les mêmes souvenirs, on a les mêmes chagrins
Dans les wagons de tête, on les voit qui nous quittent
C'est comme si pour eux le train roulait déjà trop vite
Merci d'être venus, ça me fait chaud au coeur
Je sais qu'il y a des soirs où l'on n'est pas d'humeur
On s'mettrait bien au lit avec une bonne tzigane
Mais non... une bonne tisane !
A bientôt,... à une autre époque !
05 novembre 2009
SLC, Salut les Copains !
1964
17 heures, rendez-vous avec le transistor ou la radio. Juste le temps de rentrer des cours et ... Yé, Yé !!!
Daniel Philipacchi nous offre de la musique de "Jeunes" sur Europe 1 ! On va "twister" devant le poste ! Et danser le Madison, le Mash Potatoes, le Hully Gully et le Rock'n roll, bien sûr !
Comme "l'école est finie", on écoutera "siffler le train" en cherchant comment se faire "la plus belle pour aller danser" Oui, "belle, belle, belle" ! Facile ! : "tenant d'une main ta petite glace ronde , [...] tu dessines en un tour de main un... œil de biche" pour aller au "bal des gens bien"! Evidemment,"tous les garçons et les filles de mon âge [...] s'en vont ,amoureux, sans peur du lendemain"...
Ah, "souvenirs, souvenirs"...
Philipacchi ne nous a pas seulement offert de la musique, car SLC, c'est aussi un magazine ! Longues heures à admirer les photos des chanteurs, copier leur "style" (on ne disait pas encore "look"!) et lire les potins sur les "idoles des jeunes" : leurs vacances, leurs amours, leurs tournées, leur nouveau disque... et à apprendre les paroles des chansons !...
Suivre l'histoire de la mascotte Chouchou qu'on pouvait acheter... (Mais moi je savais très bien les dessiner et je passais mes cours de maths (chut!) à fournir les commandes des copines!)
Puis, juste pour les filles, la petite soeur de SLC :
MAT ! Mademoiselle Age Tendre...
qui reprend le titre d'une émission télévisée animée par Albert Raisner "Age tendre et Tête de Bois". Souvenez-vous : encore des photos de nos idoles (on ne disait pas "stars" ou "people "à l'époque !), de la mode, souvent présentée par les chanteuses.
On y trouvait aussi le "courrier du cœur", des conseils de beauté ou de psychologie (les parents, le flirt, le premier baiser) et même... de sexualité ! Ah, les années 60 ! Quelle chance nous avons eue !
Age Tendre et Tête de Bois à la télévision.
02 novembre 2009
Le Clermont de mes jeunes années
Deuxième volet : les années soixante.
C'est la ville de mon enfance et mon adolescence, telle que je me la rappelle.
Voici ce que j'ai vu... entre 1955 et 1970.
Place de Jaude et les bus de la ville. Plus de tramway à cette époque, il a disparu en 1956. Mais je me rappelle l'avoir pris avec ma mère. Il était rouge et beige, avec des bancs-sièges en bois. 

Vercingétorix, toujours vainqueur, et le théâtre. Et le souvenir d'un petit salon de thé (disparu au milieu des années 60) au rez de chaussée du théâtre, juste au coin de la place et du boulevard Desaix. Ma mère m'y emmenait souvent après le shopping aux "Nouvelles Galeries" (que nous appelions les Galeries de Jaude). Pour les Clermontoises, nous allions aussi chez Pomone, à côté des Galeries ou A Trianon, rue du 11 Novembre.
La Place de Jaude, ou "fond de jaude" derrière la statue du Maréchal Desaix. (Pour votre information, les clermontois prononcent "Dezai". De même que Riom (à 15 kms de Clermont) se dit "Rion" et non pas Riome).
Place de Jaude, côté Vercingétorix et la rue Blatin. Place aux voitures ! Le Crédit (deLyon) est toujours là, ainsi que le Grand Hotel de la Poste.
Boulevard Desaix, en direction de Jaude. La statue de la bergère à la place de la maison de Blaise Pascal.
Rue du 11 Novembre
Début de la Rue des Gras. Flâner au mlilieu des pots d'échappements...
Plus haut dans la Rue des Gras
et... toujours les voitures!
La Place de la Victoire et la Cathédrale...
et son parking de voitures !...
La Place Gaillard : son terre-plain fleuri et son... ballet de voitures...
La Nouvelle Gare
et...
et...
la grande nouveauté :
la Piscine ! "olympique découverte" Pierre de Coubertin ! Vous avez vu le site ? Au pied du Puy de Dôme ! A Clermont, il suffit de lever le nez et on voit la Nature !
Un vrai bonheur! Lieu de rendez-vous des amis.
Que d'heures passées dans l'eau ou sur les dalles à bronzer ou sur les gradins à papoter !...
Impossible de ne pas la mentionner : elle fait partie des mes années 60 !!!
La prochaine fois que je vous montrerai Clermont , ce sera celui d'aujourd'hui...
01 novembre 2009
L'Automne s'invite à la maison
A l'invitation de Mayeulandco et De broc... en patine, je vous montre mon "automne" maison. Je ne peux pas non plus décorer ma porte d'entrée mais il s'agit de la décoration de mon hall d'entrée.
Bonne Fête à Tous !
Et restez Sains !
29 octobre 2009
C'est encore l'été à Lisboa
Cette année, Blondine est revenue à Paris, mais... c'est son Chéri qui passe une année Erasmus à Lisbonne !
Donc, ma Blonde, abonnée des ailes de fer, s'envolera souvent pour le Portugal !...
En octobre, Lisbonne, 27°, les tongs et ... la plage !
Outre un léger hâle, Blondine a rapporté une collection de mosaïques...
Que guette le chat ?...
son voisin, le canari !...
Les Azulejos :
Bleu
Géométrie
Fleurs
Até mais ! (A bientôt en portugais)
27 octobre 2009
Avalanche de photos
Ce billet sera dans la rubrique "Et si l'on créait"... parce que vous avez toutes su tisser les liens du cœur, créer le bonheur de l'amitié.
Attention les yeux ! Les images parlent toutes seules...
A vous toutes, une fois encore, mes chaleureux remerciements et ma gratitude pour avoir fait de mon anniversaire une journée inoubliable.
26 octobre 2009
Couleur Rubis
Le Rubis, la pierre des Rois !
Le mot "rubis" vient du latin "rubeus" qui signifie rouge. C'est la plus chère des pierres précieuses en raison de sa rareté. Dans le monde minéral, la couleur rouge est en effet la plus rare. On dit du rubis qu'il est "la plus précieuse des douze pierres que Dieu créa".
Le rubis est le symbole de victoire, d'amour, de bonheur et de passion. Dans l'histoire, il a longtemps été réservé aux hommes de pouvoir : rois, sultans, maharadjahs.
Comme le saphir il appartient à la famille des corindons. La couleur est le premier critère de valeur du rubis. La plus appréciée est un rouge vif appelé "rouge sang de pigeon". Après la couleur, les autres facteurs affectant la valeur d'un rubis sont la grosseur, la pureté, la taille. Plus le rubis est transparent plus il est précieux. Il est souvent taillé de façon ovale pour une meilleure transparence.
L'origine des plus belles pièces est une mine historique située à Myanmar, en Birmanie. On en trouve aussi au Cambodge, en Thaïlande, en Inde, au Kenya, à Madagascar... Il se forme à une profondeur de 25 à 50 kms, en gîte calcaire ou volcanique.
Une pièce brute :
Et des pièces taillées :
Bijoux :
Si j'ai choisi ce sujet
c'est qu'aujourd'hui est un jour spécial...
Encore un jour anniversaire !
Un anniversaire de Mariage. ..
Trente-cinq ans que LeMaître supporte ma cuisine brûlée et mes tempêtes lorsque la mer de livres et de documents dépasse trente centimètres sur "les" bureaux... Mais Trente-cinq ans que je supporte son univers de Professeur Nimbus, les nuits sans sommeil à lire avec la petite lumière qui me réveille, le look de professeur de philo, les bains d'hippopotame, le manque d'orientation !...
Trente-cinq ans que je suis parisienne et que j'aime la vie que je mène.
Trente-cinq ans...
Noces de Rubis !
24 octobre 2009
Une avalanche de surprises !
Little Nemo (Winsor Mc Cay): Oooooooooooooooooh, je rêvais ! QUELLE AVALANCHE !
Le secret a été gardé jusqu'au bout !...
Vous aimez les belles Histoires ; en voici une parmi les plus douces, les plus charmantes, les plus émouvantes, les plus heureuses possibles ! Une où la famille et les amis répondent présents pour vous faire chaud au cœur et vous tirer les larmes des yeux... Donc, à vos mouchoirs !... que je ne me mouche pas toute seule !
Lorsque je parlais de la surprise de Petitou, il ne s'agissait que de la jolie carte qu'avait fabriquée sa maman, reçue par mail... Je ne savais pas encore tout le bonheur que j'aurais de ce fabuleux anniversaire...
La surprise de voir finalement Brunette arriver hier avec Mr Gendre et Petitou !
La surprise de voir mes "amis de toujours" arriver aujourd'hui, y compris ceux de Washington, pour un repas surprise au restaurant !
Et ce soir..., ce soir... une immense surprise, venue de vos blogs, venue de vos cœurs, comme une vague chaleureuse, riche, bouleversante! L'amitié non seulement aux quatre coins de France mais au-delà des frontières ! Mon Dieu, quels trésors vous êtes ! Et quels trésors vous m'offrez ! De paquets en paquets, de ravissements en enchantements, votre cœur a palpité dans mes mains ! Bravo aux créatrices si douées, si généreuses ! Merci pour les textes, lettres, poèmes , cartes, photos, les petits mots de mes amies du Net. Merci pour vos cadeaux.
Je vous promets une avalanche de photos lorsque je serai moins émue.
En attendant un ENORME MERCI à tous les participants de cet incroyable challenge organisé par Brunette, tenu secret par ses frère et sœur.
Mes enfants sont des diamants, mes amis sont de l'or !
Merci.
22 octobre 2009
J'ai Dix ans !
... de plus qu'il y a dix ans !

Quand j'ai eu dix ans, mon père m'a offert un chien.
Ou plutôt, une chienne. Unique pour moi. Et j'étais unique pour elle.
Lorsque je suis rentrée de l'école, à l'heure du déjeuner, j'ai ouvert la porte de l'escalier rouge, celui qui montait à notre appartement dans la maison de mes grands-parents. Tout en haut m'attendait la petite chienne, qui s'est mise à japper quand elle m'a vue. Et moi, j'ai eu peur. Parce que j'avais peur des chiens en liberté, qui couraient après vous et aboyaient en sautillant... Mon grand-père avait cinq chats en liberté et deux chiens, Sultan et Flockie, la plupart du temps attachés à leur niche. Je parvenais à caresser Flockie mais je faisais un grand détour devant Sultan, brave chien mais beaucoup plus gros !... Et voilà que j'avais à moi une petite chose noire, aux pattes de feu, aux oreilles ondulées. Nous nous sommes apprivoisées en un tour de main. La petite chienne s'est installée sur mon lit jusqu'à mon départ pour l'université ! Elle y a même fait ses petits et je l'ai consolée en la tenant contre moi lorsqu'elle ne les a plus trouvés et qu'elle gémissait à fendre l'âme... Je l'ai soignée lorsqu'un vilain gros chien l'a mordue à la gorge manquant la tuer. Elle m'a sauvée en attirant mon attention sur une vipère à la campagne. Elle a voulu attaquer le médecin qui se penchait sur moi alors que j'étais alitée, malade. Nous étions désespérées à chaque séparation. Et nous connaissions la joie ineffable des retrouvailles.
J'avais réalisé son portrait à la gouache.
Je l'ai gardée quatorze ans.
Elle s'appelait Polka.
Et bien, j'arrive à ma sixième dizaine aujourd'hui !
A chaque dizaine, je me rappelle ce merveilleux cadeau; ma compagne aux bons yeux et à quatre pattes. J'ai voulu partager ce souvenir avec vous, mes amis, mes copinautes, mes visiteurs...
19 octobre 2009
La demande en mariage
1911
Il y avait une très jeune laitière, blonde et svelte, qui, très droite sur son petit banc et tenant les rênes d'une main habile, conduisait sa carriole tirée par un âne pour livrer le lait chaque matin.
Il y avait un fringant jeune homme, yeux bleus et moustache blonde assassine, qui, chaque matin, sortait de son domicile exactement à l'heure où la petite laitière arrivait...
La petite laitière ne regardait pas les passants, occupée à distribuer les pots et bouteilles devant chaque maison.
Le jeune homme ne regardait personne. Il était triste. Eprouvé par la perte d'un père qui, de plus, avait dilapidé la fortune familiale, il avait fait face en travaillant pour subvenir à ses besoins et ceux de sa mère. Il s'était fait "coupeur" dans la première entreprise de confection industrielle de la ville. Et puis,... Marguerite lui avait brisé le coeur...
Mais un matin, Cupidon était d'humeur joueuse et le soleil, crevant la nue laiteuse d'une aube hivernale, s'attarda quelque peu sur la petite laitière. Un rayon d'or sembla traverser la rue. Et le sourire de cette jeune frimousse remerciant le soleil d'hiver parvint jusqu'aux beaux yeux du gandin ! Il s'attarda pour la voir faire son ouvrage. Un joli tableau que cette petite, vive et alerte ! Le lendemain, il la guettait pour la saluer et le soir-même il demandait à sa mère si elle savait qui elle était...
A l'époque, on se "renseignait" sur les personnes pour savoir si elles étaient "fréquentables" et je pense que Madame Mère s'empressa de se "renseigner" afin d'oublier le souvenir même de ... Marguerite!
La jeune fille n'était pas tout à fait du même milieu social mais les filles peuvent s'élever par le mariage et... puisqu'on était ruiné !... Les rentes perdues, le rang de la personne n'avait plus beaucoup d'importance !... De toutes façons l'essentiel était l'élan de Georges s'accompagnant, bien sûr, de la réputation absolument sans contestation de la jeune fille et de sa famille. Or ils se trouvaient être des gens simples et honnêtes, fiers et courageux.
Et c'est ainsi que la visite de Madame Mère et de son cher fils fut annoncée à la famille de la jeune fille par une dame "entremetteuse".
Cet après-midi-là, à l'heure du porto, la famille endimanchée attendait dans le salon briqué. Les meubles avaient été cirés, le parquet brossé, les napperons lavés et repassés ; on avait retiré les housses des fauteuils. Il y avait de l'excitation dans l'air. ..
Madame Mère fit son entrée, de noir vêtue, très imposante, précédant son fils, sanglé dans son élégant pardessus, chapeau et canne à la main gantée de cuir "beurre frais"... Les hôtes furent reçus avec chaleur mais solennité et on les pria de s'asseoir...
-Chère Madame, cher Monsieur, vous n'ignorez pas que Monsieur mon fils a remarqué Mademoiselle votre fille. Il m'a dit avoir une inclination pour elle. C'est pourquoi j'ai l'insigne honneur de vous demander l'autorisation pour lui-même de fréquenter Mademoiselle Jeanne en vue d'un mariage...
Jeanne rougit et après un bref regard à la moustache assassine, baissa les yeux sur ses genoux. Elle pouvait voir quand même le léger tremblement des mains gantées qui faisaient tourner le chapeau... Les parents parlèrent... "Honorés de votre demande" .... "si notre fille est d'accord"...
Oh oui, elle est d'accord ! C'est lui ! Elle en est sûre! Pour le meilleur et pour le pire ! Il lui plaît ! Il la veut ; Elle le veut !
C'est cependant d'un oui timide, comme il sied à une jeune fille de vingt ans, qu'elle dira son acquiescement.
Lui seul saura qu'elle est forte, autoritaire et ardente !
Et je me rappelle que ma grand-mère répétait toujours : "Entre la connaissance et le mariage : vingt-neuf jours !"
C'est qu'elle a dû les compter !
15 octobre 2009
La poupée de ma grand-mère
Vous ne verrez pas la poupée de ma grand-mère...
Jeanne était une petite fille têtue, brouillon, maladroite. Elle se voyait ainsi dans les yeux de sa mère. On la comparait sans cesse à sa sœur aînée, douce et serviable, docile et adroite. A celle-ci on passait tout car elle était de santé fragile. Les autres enfants, des garçons, étaient tout comme Jeanne élevés à la dure.
Le matin, on servait un bol de lait avec une goutte de café avant d'aller à l'école, seule Marie avait le droit d'ajouter le chocolat.
Un jour, Jeanne : - "J'en aurais pas, moi, du chocolat ?"
Sa mère : - "Ah, tu en veux du chocolat ? Et bien, en voilà !"
Et elle donne une bonne gifle à la pauvre Jeanne...
Et la poupée ?
Jeanne avait un parrain. Un bon parrain. Gentil et généreux. Il apporta un jour une merveilleuse poupée pour sa filleule. Une de ces superbes poupées articulées avec de beaux cheveux sur une tête de porcelaine. Jeanne était fière de son cadeau. Elle adorait jouer avec sa belle poupée. Marie n'était pas jalouse. Comme elle était habile, elle cousait des vêtements pour la poupée. Jeanne était la petite maman qui allait chez la couturière vêtir "Mademoiselle".
Mais un jour, Jeanne fut appelée par sa mère alors qu'elle jouait sur le perron. Elle rentra en se dépêchant après avoir appuyé la poupée contre la porte...
Hélas, la poupée glissa-t-elle ? La porte se referma-t-elle ? En tous cas, la poupée tomba sur la pierre et fatalement la tête se brisa...
Avisant les larmes de sa fille, la maman de Jeanne jeta aussitôt la poupée en disant :
"On ne pleure pas sur une poupée, Mademoiselle!"
Poupée vue sur le site lespoupeesdautrefois
12 octobre 2009
Clermont 1900
Le début du XXème siècle, côté ville.
Imaginer mes grands-parents déambuler dans les rues et sur les places que j'ai connues plus d'un demi-siècle plus tard est pour moi quelque chose d'intense et merveilleux. A l'époque des débuts de la photographie on photographiait tout et ce fut un jeu d'enfant que de refaire un tour en ville... en 1900 !
Clermont-Ferrand au début du siècle. La première église devant la Cathédrale est l'église Saint Eutrope, paroisse de ma mère quand elle était enfant.
La place de Jaude
Le Théâtre et Vercingétorix, le Gaulois
Rue de l'Ecu (Avenue des Etats-Unis après la première Guerre)

Rue Neuve (Rue du 11 Novembre après la première Guerre)

La Cathédrale et la Place de la Victoire
Cocher ! A l'Hôtel de Ville, s'il vous plaît ! (Je retourne aux archives...)
*** Si vous voulez, vous aussi, retrouver des vues anciennes de votre ville, notez l'adresse internet sous les cartes postales.
10 octobre 2009
Peurs enfantines
Pour Mab et Eugénie.
LeFils : - A pas peur, t'es qu'une image !
Nos enfants ont tous connus des peurs enfantines : les monstres, sorcières, loups... Difficultés d'endormissement ou réveils nocturnes en larmes pour cause de cauchemar.
Françoise Dolto dit qu'on peut les dessiner - ah, les séances de peinture en pleine nuit! - et les scotcher sur le frigo où ils vont rester pour laisser les enfants dormir en paix ! Je vous jure que ça marche !
Mais, LeFils avait trouvé une autre manière : dormir avec l'image à côté de lui pour la maîtriser. En compagnie de Djibann et de Kiki, ses si doux doudous, quand même !...
Nous avons beaucoup aussi lu et relu un superbe petit livre que je recommande :

de Mercer Mayer
Folio Benjamin
Gallimard
Ainsi que l'immense, remarquable, hilarante, charmante histoire ...
de Henriette Bichonnier, illustrée par Pef
Folio Benjamin
Gallimard






























































































































































































