En bateau, Lakevio !

25 avril 2018

Les pierres parlent.

 

Ma chère Caro, née un 25 avril,  (et j'avais dix-sept ans !)  restera éternellement jeune, belle et blonde, naïade dans l'océan mais peut-être aussi randonneuse dans nos montagnes auvergnates ... On pourrait sans doute l'apercevoir lors d'une baignade au crépuscule ou dans un sentier écarté au lever du soleil... 

A la maison de campagne des Buissonnets, elle avait pris ma place dans le lit de cuivre, sous les couvertures en piqué à la cotonnade fleurie délicieusement passée. Elle a comme moi, parcouru les champs et les bois avant de prendre le chemin de la colline d'où on peut admirer le ciel par-dessus les rares clochers avec les puys. en toile de fond...

 

ann mortimer 64

 

Cette maison de vacances fut sienne après avoir été mienne. Passée du père au fils. Cette maison, ma préférée...

J'ai tant de raisons de l'aimer. J'ai hâte d'y retourner... J'y retrouverai mes aimés et mes fantômes que je reconnais à la marche qui craque dans l'escalier, à l'horloge qui sonne bien que personne ne l'ait remontée, à la gouttelette tombée du ciel sans nuages à mes pieds, à la clochette du carillon alors qu'il n'y a pas un souffle d'air, à l'aigrette du pissenlit qui s'envole lorsque je passe, à la pierre chaude qui vibre d'un son étrange sous le soleil, au bois qui chuchote, au ruisseau qui chante...  

ann mortimer 7

 

ann mortimer farm gate

 

ann mortimer-3

  

anne mortimer 19

 

ann mortimer 11

 

Merci à Ann Mortimer, aquarelliste anglaise contemporaine.

 * Un autre peintre m'avait aussi ramenée aux Buissonnets l'an passé (ICI)

 

 

 

Je dois dire que chaque printemps j'ai des envies folles d'aller courir dans l'herbe et les souvenirs d'enfance ! 

 J'ai fait des progrès quant à la périodicité car jeune épouse c'était toutes les trois semaines que je devais aller au vert...

 

 

 

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23 avril 2018

Conte du lundi 104

 

Gueorgui Pinkhassov 1996

 

"Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition.

Clémence relisait les notes pour l'exposé demandé par Monsieur L., le professeur de Littérature.  Cette phrase l'avait marquée. Elle s'était demandée de quelle expérience il s'agissait et elle avait emprunté le livre de Lou Andréas-Salomé pour comprendre. L'auteur parlait de la naissance... C'était riche ! C'était évident. La disparition du premier univers connu, le nid liquide, le cocon, le ventre maternel. Puis elle s'était demandé si chaque étape successive, chaque changement impliquait une disparition...  Enfin, bref, elle avait bien planché et elle espérait être bien notée.

Clémence était contente d'avoir choisi le cursus de littérature composée - et non pas imposée comme disait son frère, un matheux tyrannique. Elle aimait lire, réfléchir, écrire... Dans son sac, elle avait un journal. Pas un quotidien, évidemment ! Non, un journal  de ceux qu'on dit intime. Il était intime en effet parce qu'elle n'en avait parlé à personne. Elle l'avait commencé en Terminale. Elle voulait qu'il n'ait plus rien à voir avec les agendas successifs de sa scolarité où on notait des choses insignifiantes, où les copains et copines laissaient des messages, avec force coeurs et sourires, où on collait les billets de ciné, de concert, où les pages étaient souvent recouvertes de dessins suggestifs. griffonnés pour que le prof qui se serait aventuré à le saisir, ne les voit pas. Cette année de fin de lycée, elle s'était beaucoup interrogée sur son avenir et elle avait posé ses questions sur le papier. Mais voulant aussi se souvenir de sa fin d'enfance, elle avait noté ses perceptions, ses émotions, ses lectures, les émissions qu'elle écoutait, les films vus et la musique écoutée et tout ce que ces moments lui évoquaient. Ecrire lui était devenu indispensable. 

Clémence, alors, s'était essayée à de nombreux genres. Elle avait fait des compte-rendus de visites de musée dans le journal de Classe et elle avait été choisie pour le texte de remerciements aux professeurs avant de quitter le lycée. Elle avait aussi proposé quelques poèmes à deux ou trois revues spécialisées. Fière d'avoir été publiée, elle avait réussi à fourguer deux nouvelles à un magazine pour Jeunes. Depuis le début de son cursus littéraire, trois romans, excusez du peu ! dormaient dans ses tiroirs qu'elle n'avait pas osé envoyer aux éditeurs. Elle avait même écrit une pièce de Théâtre qu'ils avaient joué un des derniers étés avec sa famille et des amis. Ils s'étaient bien amusés mais elle sentait que ce n'était pas son terrain favori. Elle nota que sa naissance en tant qu'écrivain s'accompagnait aussi de disparitions. renoncer à quelque chose le fait disparaître de sa vie... Elle avait songé à enseigner à son tour parce qu'évidemment si elle disait qu'elle voulait écrire on lui rétorquait automatiquement "et de quoi tu vivras ? Tu sais, avant de percer !..." Mais préparer le Concours de l'Agrégation c'était encore se plonger dans les oeuvres des autres alors qu'elle avait tant envie d'oeuvrer pour elle-même. Et comme sa soeur commençait son parcours de professeur d'anglais à Corbeil-Essonne, elle ne s'était pas senti capable d'intéresser ce genre d'élèves à la littérature. Elle avait tort ; elle le savait parce que certains professseurs y parvenaient avec originalité. Mais Clémence n'était pas faite pour ce monde-là ! Pour cette tâche-là. Elle savait qu'elle avait du mal à s'ouvrir aux autres, à les écouter parce que ses propres mots l'étouffaient. Son monologue lui suffisait. Pour l'instant. Tout en espérant qu'un jour elle serait entendue, elle serait lue, elle serait comprise. Il était temps, à vingt-deux ans qu'elle ose ! Aussi, l'exposé rangé dans son sac et son verre de Perrier terminé, elle se dit : Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman.

 

© Lakévio

 

 

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22 avril 2018

Graham Gercken

 

Graham Gercken peintre australien 1960

Peintre australien contemporain,

né à Southport en 1960.

 

...se lève tôt pour capter la lumière des premiers rayons de soleil...

graham Gercken-Fish river Tarana

 

 

graham-gercken-oil-paintings-tree-paintings

 

 

G

 

 

graham gercken-Rocky outcrop near Bathurst

 

 

graham-gercken bathust-gum

 

Bon dimanche à vous qui passez là !

 

 

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20 avril 2018

La vie est un roman.

 

 

Gueorgui Pinkhassov 1996

Gueorgui Pinkhassov  - 1996.  Cafe Paris

 

Devoir :

1) Commencez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Notre première expérience, chose remarquable, est celle d'une disparition." Emprunt à Lou qui nous raconte sa Vie.

 

2) Terminez impérativement votre texte par la phrase suivante : "Referme un instant sur le monde la porte et la fenêtre, tourne-toi vers le journal pour toutes ses notations musicales, et commence un autre roman." Emprunt à Anaïs qui écrit son Journal.

Entre les deux, casez ce que vous voulez !

 

Votre roman, lundi.

 

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19 avril 2018

Le monde coloré de Gisela Funke

 

Simple, naïf, léger, l'univers de cette artiste allemande contemporaine.

gisela funke portrait

 

Si j'aime moins ces personnages, je dois dire que ces villages multicolores issus d'un monde féérique me plaisent énormément.

Entièrement autodidacte, le besoin de créativité et l'amour de l'art occupent une grande partie de sa vie. Lorsqu'elle était jeune, elle eut la chance de cotoyer, dans le registre familial, l'artiste Otto Dix (1891-1969). L'intensité et la puissance des couleurs de ses peintures à l'huile lui plaisaient beaucoup.

 Son travail personnel n'est pas un reflet direct de ce qu'elle voit mais une impression de sentiments et d'images.

gisela funke

Gisela Funke 8

gisela funke 18

gisela funke fairy like

gisela-funke-fairy-like-iv

 

gisela funke 48

gisela funke inseldorf

Gisela Funka 29

Gisela Funke 27

gisela-funke-colourful-flowers

 

 

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17 avril 2018

Un de plus !

 

Bonne nouvelle à Paray

basilique paray-le-monial

Adeline, ma Brunette,  a toujours su faire - et bien faire - plusieurs choses à la fois ! Tandis qu'elle écrivait son ouvrage pour sauver la planète tout en menant sa maisonnée, son ventre s'arrondissait doucement jusqu'à devenir... impressionnant !

Et aujourd'hui, la famille s'est enrichie d'un nouveau-né !

 

Eliane Marque - les deux bijoux

 Oeuvre de Eliane Marque  - Les deux bijoux

 

 Leurs parents laissent à

Basile, Rosine, Douce et Béatrice

la très grande joie de vous annoncer

la naissance de

Vivien

leur petit frère,

le 10 avril 2018.

 

53 cm et 4,3 kilos de tendresse.

 

 

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16 avril 2018

Conte du lundi 103

 

adeline goldminc-tronzo

 

Mercedès se demandait bien ce qu"elle allait faire de cet affreux fauteuil jaune, hérité de l'oncle Alfonso... Cyrus l'avait déposé en son absence et cet imbécile avait oublié ses gants ! S'il y avait eu moyen de se défiler encore ! Elle avait bien essayé : appartement trop petit, jaune criard en désaccord total avec sa décoration... Cyrus l'avait emporté en disant qu'il fallait bien caser tout ce qui arrivait de Madrid ! Mais pourquoi lui avait-on destiné cette chose énorme et affreuse ?... Il n'y avait pas d'explication. Chaque membre de la famille s'était vu attribuer un objet de l'univers de l'oncle. Et il avait tenu aussi à ce que chacun ait sa photo ! M'étonnerait qu'il avait encore cette gueule-là à quatre-vingt-dix balais, songeait Mercedès. Un oncle qu'elle n'avait pas vu depuis ses dix ans, la dernière fois qu'ils étaient allés visiter la famille... On s'était brouillés peu après, elle ne savait plus pourquoi. Plus de voyages, plus de cousins... Elle n'avait jamais su si les Martinez de France avaient renoué avec ceux d'Espagne. Elle n'était pas très curieuse, Mercedès, et elle avait d'autres chats à fouetter. Un divorce difficile, le chômage qui arrive au mauvais moment, un fils bien ingrat... Et même pas de place à la cave pour redescendre cette chose ! Et bien, elle allait en faire de la place ! Et pour commencer virer toutes les affaires de Cyrus ! Cette manie d'entasser, garder, laisser traîner... Comme ses gants ! Et quand il reviendrait, elle lui ferait redescendre la chose, non mais !

En prenant les gants pour les mettre de côté, Mercedès trouva la carte à jouer. C'était le Roi de Coeur. Cyrus avait-il ?... Cyrus... Non, Cyrus était trop bête pour... Pour quoi au juste ? Il avait dû apporter ce qu'on lui avait demandé d'apporter. Cyrus était comme elle, il ne cherchait pas le pourquoi des choses. Et elle, elle n'était pas douée pour les énigmes. Le portrait et la carte à la poubelle et le fauteuil, dehors !

 

**************

 

Philippine était tombée en extase devant le fauteuil. Exactement le même que chez sa patronne ! Elle était bien tombée : Madame Pierre avait un appartement ravissant ! Pendant longtemps elle avait soupiré sur son manque de place qui l'empêchait d'acheter de beaux meubles... Un jour, elle avait compris que ce n'était pas une affaire de place, mais de goût et elle avait commencé à troquer son mobilier tout simple pour des éléments plus raffinés. Madame Pierre lui avait parlé des brocantes. Un univers s'ouvrait à elle. Elle pouvait au moins s'offrir des meubles de style peu chers car en très mauvais état. Philippine s'était dit qu'elle pourrait essayer de réparer et avait découvert qu'elle était douée ! Elle possédait à présent dans son deux-pièces de très jolies choses. Le fauteuil complèterait à merveille le décor. Jamais personne ne pourrait imaginer que la bonne Philippine vivait dans une atmosphère... royale au cinquième étage de son immeuble ! Elle en riait toute seule. Elle venait de récupérer le fauteuil que le marchand lui avait gentiment chargé dans sa voiture. Comme d'habitude, le fils Martin l'avait aidée à le monter. Elle lui avait prêté les vieux gants de Jacques pour qu'il n'attrape pas d'échardes car l'objet était en piteux état. De loin il faisait illusion mais de près, il y avait beaucoup à retaper ! Avant de commencer à le désosser, Philippine avait passé sa main entre le dossier et l'assise. Elle y avait trouvé une vieille photo. Un homme souriant d'une autre époque. Peut-être le propriétaire du fauteuil... Elle avait aussi trouvé une carte à jouer : le Roi de Coeur. Elle avait aussitôt associé l'homme et la carte et avait décidé que c'était un homme bon qui lui porterait chance.

Et en effet ! En retournant le fauteuil, pour finir d'enlever les sangles usées, elle trouva, complètement coincé dans un ressort, un petit sac en velours contenant des pierres qui brillaient... Philippine sut instantanément que la chance avait définitivement tourné.

 

© Lakévio

 

 

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13 avril 2018

Le fauteuil

adeline goldminc-tronzo

Adeline Golminc-Tronzo

 

Objets inanimés, avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?... (Lamartine)

 

Thèse, antithèse ou j'aime/je n'aime pas. Pour ET contre, noir ET blanc.

Ce fauteuil doit vous inspirer deux (courts) textes, avec des points de vue différents : un positif, un négatif. 

 

 

Débat, lundi !

 

 

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11 avril 2018

Le Baptême d'Augustin

 

Augustin a dû attendre que sa marraine puisse venir de Saint Barth. pour être baptisé.

Nous avons eu une très jolie fête samedi dernier. 

bapteme symbole brode

 

bapteme A avril 2018

  

 Le P'tit Frisé est à présent trop grand pour paraître sur les blogs.

Je propose, à la place,  pour vous, si l'occasion se présente, quelques jolis cadeaux de baptême de charmantes créatrices toutes plus douées les unes que les autres.

 

Il était une foi des Kdo Catho (sur faceb**k)

 

Au nom du Père

cadeau aunomdupere st joseph

 

cadeau aunomdupere 28

 

Des Anges et des Archanges

cadeau des anges et des archanges

 

Guénolé Courcoux

cadeau medaillon guenolecourcoux

 

 

Porcelaine CelinaB

cadeau porcelaine celinaB

 

 

Merci Maman

cadeau merci-maman--2018-

cadeau-merci-maman-12

 

Dame de bois (sur f***book)

cadeau sainte famille - dame de bois

 

Zouaves et Chipette (sur f***book)

cadeau zouaves et chipette 5

cadeau zouaves et chipette

 

 

Qu'en dis-tu ? (Candy Le Corre)

cadeau quendistu candy le corre marie

 

cadeau quendistu joseph

 

*** Lorsque les ateliers sont soulignés vous pouvez accéder au site en cliquant sur leur nom, sinon ils sont visibles sur F***book. 

 

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09 avril 2018

conte du lundi 102

 

karin jurick -hands of time

 

complémentaire

époustouflant

respirait

baignade

tortionnaire

chanteur

juger

aberrant

pénitencier

profitera

 

Diane n'avait rien voulu garder de ses parents. Elle avait vendu sans remords toutes leurs possessions et même jeté les albums de photos. Elle avait décidé d'oublier jusqu'à leurs existences. Elle ne pouvait même pas dire que c'était la faute du père, parce qu'elle aussi, sa mère, avait bien participé à la dictature qu'avait été son enfance et sa jeunesse. S'était-elle élevée une seule fois contre sa tyrannie ?... D'un geste rageur, elle avait déchiré la photo, leur arrachant la tête qu'elle avait ensuite redéchiré  encore et encore jusqu'à les réduire en minuscules bouts de papier. Mais contre toute attente, elle avait remis la photo abimée dans son sac... Et ce matin, elle venait de la retrouver entre une ordonnance et son agenda. Elle n'en avait pas terminé avec sa colère. Elle scrutait le cliché et son amertume revenait. Ils avaient toujours eu l'air de gens bien comme il faut, mais en fait, c'était un véritable tortionnaire et elle lui était parfaitement complémentaire. Et ce qu'elle venait d'apprendre, qui lui avait fait rechercher le morceau de photo, était totalement aberrant ! Diane se sentait submergée d'indignation. Oui, c'était vraiment époustouflant ! ... En plus d'être méchant, il était menteur. Enfin il arrangeait toujours sa vie à son avantage. Et elle, elle était complice ! Par exemple, il avait toujours dit que dans sa jeunesse il avait été chanteur... Combien de fois, avait-elle pensé "maître-chanteur" car il excellait dans cet art avec ses filles. Elle se demandait ce que cela aurait donné avec des garçons. Est-ce que l'un d'eux lui aurait mis son poing sur la gueule ?... Dans son roman, il avait rencontré Mireille un après-midi d'été à l'Ile de Ré. Lors d'une baignade, elle s'était fait piquée par une méduse et il l'avait aidée à sortir de l'eau et soignée avec un cataplasme de sable... Ils souriaient en évoquant leur rencontre ; il devait y avoir quelque chose de vrai mais il y avait une grande omission... En fait, le chanteur sortait du pénitencier ! Et ça, il se gardait bien de l'évoquer... Diane respirait difficilement, cherchant l'air comme si elle étouffait. Qu'est-ce qu'il avait bien pu faire, pour se retrouver au pénitencier ?... Non, il ne pouvait avoir été condamné ; il n'en serait pas sorti comme ça ! C'était son propre désir. Ce devait être un maton. Un maton terrifiant ! Alors pourquoi chanteur ? Cela avait dû lui arriver de se produire quelquefois, en amateur. Il aimait tant parader... Il chantait en effet, parfois, lorsqu'elles étaient petites et Mireille avait le sourire... 

Elle n'allait pas plaindre Mireille, quand même ! Pourquoi n'avait-elle jamais songé à quitter son tyran ? Parce que, quand même... Elle regretta soudainement d'avoir détruit la photo parce qu'elle aurait voulu revoir leurs visages, leurs expressions. Côte à côte, lui tourné vers elle... Elle se rappelait les marques d'attention, toujours lorsqu'il y avait quelqu'un, bien hypocrite... Mireille par-ci, Mireille par-là... "Attention, Mireille, c'est trop lourd pour toi", "Ne te coupe pas !"... Mais aussi, lorsqu'ils étaient seuls : "Tais-toi, tu ne sais pas ce que tu dis", "Tu es vraiment idiote", "Tu n'es pas habillée, tu es fagotée" "Attention à ta ligne"... S'étaient-ils aimés ? Avait-elle peur de lui ? Une fois, une seule fois, elle avait dit : "Je ne peux pas divorcer, il me retrouverait"... C'était après qu'il l'ait mise sur le palier avec sa valise lors d'une dispute. Et pourtant, elle ne répliquait jamais...

Quand même, soixante ans ensemble !... Diane savait que sa mère avait abdiqué toute volonté. Il y allait de sa survie. Finalement, c'était impossible de juger... Elle avait eu la chance de pouvoir partir, de s'installer à l'étranger comme Corinne. Une ou deux cartes par an pour que cela ne retombe pas sur Mireille. Une visite tous les cinq ans... Mais voilà, à présent elle avait dû revenir ! C'était plus facile pour elle que pour sa soeur car elle ne s'était jamais mariée et n'avait pas de descendance. Oscar et Mireille n'avaient jamais connu leurs trois petits enfants canadiens...

Diane jeta le reste de photo avant de partir voir sa mère. Grâce à l'argent de l'appartement, elle avait pu lui trouver un établissement correct pour la fin de ses jours. Elle était très vieille et très perdue; elle ne la reconnaissait pas. Ce n'était pas la peine de lui parler de quoi que ce soit. Parfois, elle disait quelques mots et ce n'était pas banal, puisqu'elle demandait "Où est mon mari ?"... Amour ou habitude ?... Diane se dit qu'au moins, elle était en paix, seule, tranquille, plus houspillée, insultée et terrifiée. En arrivant à l'EHPAD, elle se surprit à dire : J'espère qu'elle profitera de ses années de sursis.

 

© Lakévio

 

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06 avril 2018

Les dix ...

 

Sans têtes 

karin jurick -hands of time

Karin Jurick

 

Sur ce que vous inspire la toile de Karin Jurick, vous voudrez bien placer les dix mots suivants dans votre texte en les soulignant ou surlignant. pour mieux les repérer.

complémentaire

epoustouflant

respirait

baignade

tortionnaire

chanteur

juger

aberrant

pénitencier

profitera

 

A vos claviers.  Retour lundi. Mais n'en perdez pas la tête !

 

 

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05 avril 2018

Des jonquilles aux premiers lilas,

 

le printemps nous ravit, lorsqu'il est là ! Ses apparitions sont encore brèves, mais on sent bien au fond de l'air ce frémissement de la promesse des beaux jours...

Voici de jolis bouquets de lilas, ainsi que les aimait ma mère sur sa table où nous déjeunions dans l'air embaumé du jardin de grand-père...

 

lilac alexander En

 Alexander En

 

lilac anca bulgaru

 Anca Bulgaru

 

lilac gennady Kirichenko

 Gennady Kirichenko

 

lilac natalia ivanova

 Natalia Ivanova

 

lilac natalia punicheva

 Natalia Punicheva

 

lilac valery artamonov

Valery Artamonov 

 

 

Lequel préférez-vous ?

 

 

 

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03 avril 2018

Fleurs d' Avril

 

A Douce, ma reine.

 

giuseppe cacciapuoti 1

 Toile de Giuseppe Cacciapuoti

  

Voici le mois d'avril.

Ne te découvre pas d'un fil !

Mais cours au jardin écouter le serin

Tout en cueillant la pâquerette.

Tandis que les jonquilles s'apprêtent

La timide violette se cache de ta main.

Le soleil coquin te fait baisser les cils.

Levant les pieds tu te faufiles

Sans écraser les pensées et bousculer le jasmin.

Devant les campanules, tu t'arrêtes.

Les tulipes lèvent la tête.

L'églantier, par la veste, te retiens.

Il te dit : à la maison, file !

Vois, ton panier est plein !

 

 

catherine klein pensees

catherine klein jonquilles violettes4

catherine klein iris paquerettes

 

catherine-klein paquerettes

 

 

catherine klein campanules 7

catherine klein tulipes

 

Merci à Catharina Klein,

artiste peintre allemande (1861-1929)

 

 

 

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01 avril 2018

C'est Pâques !

 

Grande Joie dans le monde !

Christ est ressuscité !

Alleluia !

 

fra angelico - les saintes femmes au tombeau

 Fra Angelica - Les Saintes femmes au Tombeau 

 

 

Jésus est-il vraiment ressuscité ?...

Une piste :  le film de John Gunn,  "Jesus, l'enquête" d'après le livre de Lee Strobel (Voir ICI)

 

Bande annonce du film : https://www.youtube.com/watch?v=Nl_ykxEEvC8

 

 

Bonnes Fêtes de Pâques !

 

 

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30 mars 2018

Vendredi Saint

 

 Blog en pause pascale

 

Roy de Maistre - Cruxifiction

 Roy de Maistre

 

 

Pietro Lorenzetti descente de croix detail

 Pietro Lorenzetti - descente de croix (detail) 

 

 

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28 mars 2018

Deux ans !

 

Augustin a fêté son anniversaire dans la montagne blanche avec ses parents 

A Deux ans Vars mars 2018

 

 

 mais dimanche dernier, c'était avec Kaki, Api et Mamette, les grands-parents !

A deux ans paris mars 2018

#lesmamansontdutalent

 

 

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26 mars 2018

Conte du lundi 101

 

nicolas ordinet

 

C'est un beau roman, c'est une belle histoire... Marine démarra en souriant. Lui trottaient dans la tête les paroles de la chanson que chantait sa mère lorsqu'elle était petite. Elle pourrait lui dire... Que lui dirait-elle ?... Cette rencontre au restaurant de l'autoroute ? Ces heures magiques dont elle aurait voulu qu'elles ne finissent jamais ? ... A présent qu'elle avait repris la route, elle se demandait si c'était réel, si elle ne s'était pas illusionnée sur la personne, peut-être à cause de la chanson d'ailleurs. Bon, ils n'avaient pas passé la nuit ensemble mais deux heures joyeuses, brillantes et elle avait senti... C'était... Il était... Elle était folle !... Pourtant... Enfin voyons, qu'est-ce que c'est que deux heures à papoter devant une salade au bar d'un Restoroute !... Oui mais, le magnétisme du regard, l'attirance qui l'avait fait s'installer près d'elle, non pas comme un séducteur ; il était même gêné de s'imposer alors qu'il y avait de la place. Il s'était montré courtois, réservé, pas du tout carnassier...

Marine rit à ce mot qui lui était venu. C'est qu'elle se rappelait comme souvent les hommes semblent se jeter sur la proie qu'ils ont repéré... Non, lui, c'est avec délicatesse qu'il avait demandé s'il pouvait prendre la place et comme il soupirait en s'installant elle avait demandé s'il était fatigué, s'il roulait depuis longtemps... Avec simplicité, il lui avait dit qu'il était parti de Bordeaux à huit heures et qu'il avait encore beaucoup de route pour se rendre à Genève...Il était affamé. Il lui a demandé si sa salade était bonne. Que des banalités en somme !... Mais il n'y avait pas que cela. Il y avait son écoute lorsqu'elle a expliqué qu'après être allée retrouver des amis à Lyon elle continuait justement sur Bordeaux pour voir ses parents. Elle connaissait bien Bordeaux ; elle y avait grandi ! A présent, elle travaillait à Paris... Il écoutait, silencieux parce que dévorant sa salade, mais il hochait la tête, souriait. Il avait un sourire à tomber ! Et il lui avait offert un verre de vin... Oui, elle était folle !

Ils s'étaient présentés. Marine Janvier - Quentin Peyroux. Il était lumineux, le sourire jusque dans les yeux. Très séduisant mais du genre sans le savoir vraiment. Après la salade, il lui avait proposé de prendre un dessert comme si c'était lui qui l'avait invitée. Il avait tenu à payer la tartelette d'ailleurs ! Ils avaient dégusté leurs pâtisseries avec gourmandise. Il avait demandé si c'était bon, comme s'il était le chef-pâtissier. C'était drôle ! Mais ils étaient joyeux et se sentaient bien l'un avec l'autre. Elle en était sûre. D'ailleurs, après le café, ils étaient restés là, au bar, dans cet endroit pas très confortable pour gens pressés, juste au-dessus de l'autoroute d'où ils pouvaient voir les camions qui lourdement défilaient. Mais eux, ils étaient légers, heureux, hors du bruit, hors du monde. Enfin, elle ! Peut-être lui aussi. Sans doute... Oui, sans doute puisqu'il parlait sans arrrêt. C'est rare un homme qui parle. Il parlait de Bordeaux qui lui plaisait même si, parce qu'il travaillait beaucoup, il n'avait pas eu le temps de nouer beaucoup de connaissances. Il avait quelques collègues avec qui il s'entendait bien et il était heureux du changement parce qu'avant il était à Saint-Etienne...  Il habitait Rue Judaïque, un appartement d'un vieil immeuble dans la partie commerçante de la rue. Il aimait bien, il avait tout sous la main. Il n'allait pas souvent à Paris. "Ce sera l'occasion" avait-elle dit, cette sotte, se rendant compte aussitôt que c'était incongru. Elle avait rougi mais il avait répondu "J'aimerais bien..." 

Alors, elle avait parlé d'elle, des Archives où elle travaillait, du magnifique quartier du Marais et du Boulevard Saint-Martin où elle demeurait. De fil en aiguille comme on dit, ils avaient évoqué leurs loisirs, leurs hobbies, des endroits de Bordeaux qu'il aimait et qu'elle connaissait. Elle lui indiquait des bars où écouter de la bonne musique et des promenades à faire près de la mer. Tous deux aimaient marcher dans le vent dans les endroits sauvages, faire du bateau et surfer sur les vagues... Ils n'avaient pas vu le temps passer. C'est elle qui s'était aperçu que la salle s'était bien vidée et en regardant son téléphone, avec regret avait décidé d'interrompre le tête à tête. Il lui avait alors tendu sa carte professionnelle après avoir rajouté son numéro de téléphone personnel. "Vous n'êtes pas obligée d'appeler " lui avait-il dit timidement. Alors elle avait pris son portable et l'avait appelé immédiatement. "Comme ça vous aurez mon numéro !...

Il l'avait raccompagnée à sa voiture et ils s'étaient serré la main, un peu trop longtemps, peut-être. Il l'avait regardé s'asseoir au volant et il était reourné rapidement à la sienne... Oui, elle était vraiment folle ! Mais c'était un beau moment... Comme dans la chanson, se dit-elle, quelques petites choses en moins mais avec un grand plus !... Parfois, elle regardait la carte professionnelle qu'elle avait placée sur le tableau de bord. Elle se dit qu'elle serait encore à Bordeaux lorsqu'il reviendrait...

Elle était en train de se garer dans le parking de la résidence de ses parents lorsque le téléphone sonna :

- Allo ?... C'est Quentin.

 

© Lakévio

 

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25 mars 2018

Rameaux 2018

 

Dimanche des Rameaux

 rameau palme

 

vitrail entree jesus jerusalem rameaux 2018

 Vitrail - Entrée de Jésus à Jérusalem

 

Début de la Semaine Sainte.

 

 

 

 

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23 mars 2018

Séduction

 

nicolas ordinet

 Nicolas Ordinet

 

texte libre

 

La belle histoire du lundi !

 

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22 mars 2018

Joie du Printemps - Baume du Souvenir

 

Même s'il est en retard, on lui pardonnera !

On sait bien qu'il viendra et fera notre joie. 

 

 

Joie des beaux jours, 

la nature a de nouveaux atours, 

la mousse tendre, les primevères,

l'eau claire et le tapis vert,

les pâquerettes et premiers papillons, 

les fillettes en cotillons, 

les arbres couronnés, 

leurs fleurs en pétales sur le nez...

margaret tarrant 75

margaret tarrant almond

Illustrations de Margaret Tarrant

Illustratrice anglaise et auteure de livres pour enfants (1888 - 1959)

 

 

Baume du Souvenir

Maman, Merci.

C'est toi qui me fis aimer le printemps et la poésie, 

la lecture et les dessins exquis des livres de jadis.

C'est ton jour aujourd'hui.

22 mars 1912

22 novembre 1996

De plus, je suis née un 22 aussi !

 

 

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