En bateau, Lakevio !

13 novembre 2018

La carte du mois

 

A mes jolis et tendres petits-enfants loin de moi...

A défaut de les serrer dans mes bras, les embrasser, chanter, jouer, discuter avec eux, je me rappelle à leur bon souvenir grâce à la carte du mois et au petit mot soulignant combien je les aime "plus qu'hier et moins que demain"...

Voici la carte de Novembre 

carte novembre feuilles

carte novembre

 

 

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12 novembre 2018

Conte du lundi 129

 

Robert Brownhall SurfersParadiseunits 2006

 

Bonjour, moi c'est Arlette, je suis gardienne. 

C'est pas une tare d'être gardienne. On peut même choisir d'être gardienne ; c'est ce que j'ai fait. Ben oui, gardienne, je dis bien ; j'ai horreur qu'on dise concierge. Avec concierge, y'a tous les trucs qui vont avec : les ragots, la curiosité, le mauvais caractère, les sautes d'humeur, les odeurs de la loge, les tracasseries aux occupants... Bref. j'aime pas parce que je suis pas comme ça.

Moi je suis la gardienne des immeubles 52-54, rue des Saules. Pour les 56-58, y'a Georges. C'est un grand ensemble. Bien trop grand pour nous deux ! Mais bof, on fait c'qu'on peut. J'nierai pas : y'a les têtes qui nous reviennent et les autres pas. je salue ou je salue pas. Je réponds ou je réponds pas mais c'est pas de mon fait, hein ? Ça vient des mauvais coucheurs ! Faut pas me la faire, c'est tout. On est gentil, je suis gentille, on est couillon, je biffe.

J'en ai vu passer du monde ! Ça fait trente-cinq ans que je suis là. J'étais jeunette à l'époque et j'étudiais la compatabillité. Je cherchais un logement et quelqu'un m'a dit que les gardiennes avaient un logement. J'ai visité. C'était un deux-pièces. J'ai signé. Je savais pas trop à quoi je m'engageais. Distribution de courrier, sortir les poubelles, laver les paliers et l'escalier, appeler le dépanneur pour l'ascenseur... De toutes façons, j'avais décidé de tout faire comme je voudrais. En fait, c'est les gens qui m'ont fait aimer ce métier. Y'a pas que du mauvais monde, vous savez. Au 52, par exemple, parce que c'est là qu'il y a ma loge, quand ils m'ont vu la tête dans les livres et les cahiers, la plupart ont cherché à m'aider et à m'éviter les corvées. Et puis, un jour, j'ai entendu la dame du 3eme gauche pleurer. Elle ne voulait pas me déranger mais ne savait pas où déposer ses enfants alors que son mari venait d'avoir un accident. Je les ai gardés, bien sûr. Des services, j'en rendais : nourrir les bêtes, garder les colis, arroser les plantes... Mais des grognons se sont plaints du ménage trop vite fait, de la loge fermée, que sais-je. On m'a demandé de choisir. C'était tout vu. Ça me plaisait beaucoup d'être gardienne. Gardienne du courrier, des enfants, des isolés, des malades, des secrets... J'étais l'intermédiaire, la médiatrice. J'avais trouvé ma place. Celle de l'ombre mais de l'ombre efficace et silencieuse.

Une fois, j'ai failli partir quand j'ai rencontré celui qui est devenu mon mari. Non, c'est pas Georges et il est pas gardien. Il a un appartement et un bon job. On a hésité mais je me voyais pas femme au foyer et j'aimais trop mon travail. 

Il se trouve qu'on n'a pas eu d'enfants. Oui, bien sûr, c'est un lourd regret, mais c'est comme ça ! On s'est rattrapé avec les neveux et nièces et puis il y a les enfants de la résidence qui m'appellent tous Lalette. Bon, j'aime bien qu'ils soient bien élevés, hein ! On dit bonjour et merci, on tient la porte aux personnes âgées, on ne jette rien dans l'escalier, on ne crie pas dans la cour... Certains étés j'ai même toléré, quelques fois, ceux qui ne partaient pas sur la pelouse à condition qu'on ne les entende pas. Ils étaient tout contents à jouer aux cartes à l'ombre, sur l'herbe...

Oui, dans l'ensemble, j'ai eu de la chance parce que j'ai eu peu de mauvaises gens. Mais quand on pense que certains se sont plaints parce que j'ai lancé la fête des voisins !... Il faut dire que cette année-là, il y avait une telle tempête qu'on s'est réuni au garage. Je vous dis pas de quoi ils m'ont accusé ! Trafic, orgies... n'en jetez plus ! Vaut mieux en rire ! La majorité m'a défendue. Mais j'aime pas quand il y a de la bisbille...

Je pense que je vais prendre ma retraite bientôt parce que Michou - c'est mon mari - il va l'être aussi. Ca va être dur de quitter la loge et tous les amis que j'ai ici. Parce que la plupart des habitants sont des amis. Y'a pas eu beaucoup de turn over comme ils disent. On a vieilli ensemble, leurs enfants ont grandi, sont partis pour la plupart sauf deux qui se sont établis ici. On voit parfois la génération suivante... Ça va me faire mal de laisser la loge même si c'est pour vivre définitivement chez nous. On nous a proposé un appartement dans la résidence mais je ne pourrai pas voir la loge occupée par quelqu'un d'autre... On s'attache !... J'en ai pas parlé encore aux résidents. Je ne sais pas comment ils vont le prendre... Oui, on s'attache !... Ça me fait pleurer...

 

© Lakévio

 

Je la connais, Arlette, qui ne s'appelle pas Arlette.

C'est ma gardienne et c'est une perle !

 

 

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11 novembre 2018

Souvenir

 

centenaire 14-18

 

Hommage aux poilus et particulièrement à mon Grand-Père.

 

la_guerre_est_finie

 

 Pour commémorer l'Armistice,

 

 - Un livre. Lire ICI la présention de cet ouvrage réédité. Pour grands enfants et pour nous.

 

 - Une chanson, paroles Roger Varnay, (auteur de La Marie-Vison, Les Mirettes, Verte Campagne, près de 250 chansons et pourtant cet auteur reste inconnu...) musique : Marc Heyral. Ces succès ont souvent été propulsés par d'autres... et pas des moindres !)

ici, interprétée par l'auteur, Roger Varnay, artiste lyrique (1922-2007)

 

Toi, dans ta chapelle :

ICI

cliquer ensuite sur la toute petite pochette de disque sous le titre (pas celle à droite) pour démarrer la musique.

 

 

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10 novembre 2018

Quand j'étais bignole

 

 

Robert Brownhall SurfersParadiseunits 2006

Robert Brownhall

 

"Je m’appelle Renée. J’ai cinquante-quatre ans. Depuis vingt-sept ans, je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un bel hôtel particulier avec cour et jardin intérieurs, scindé en huit appartements de grand luxe, tous habités, tous gigantesques. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j’ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Je n’ai pas fait d’études, ai toujours été pauvre, discrète et insignifiante. Je vis seule avec mon chat, un gros matou paresseux, qui n’a pour particularité notable que de sentir mauvais des pattes lorsqu’il est contrarié. Lui comme moi ne faisons guère d’efforts pour nous intégrer à la ronde de nos semblables. /.../"

Muriel Barbery - L'Elégance du Hérisson

 

A l'image de l'extraordinaire Renée du roman pré-cité, faites le portrait, à la première personne, d'une concierge étonnante.

 

Conférence des Concierges, lundi !

 

 

 

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09 novembre 2018

Trente ans

 

Un pied chez les grands !

Ma petite dernière atteint la dizaine sereine. Celle qui va lui permettre, je l'espère vraiment, d'être prise au sérieux dans son boulot magnifique et d'obtenir enfin le fameux CDI...

plaque-anniversaire-30-ans

Que son coeur, si vaste, reste toujours comblé et tous ses beaux souhaits vite réalisés.

 

Trente bises à ma Blondine !

 

Blondine Birmanie (2)

anniversaire

 

 

*** Pour cause d'Anniversaire, le sujet de l'Atelier ECRITURE sera proposé demain. 

 

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08 novembre 2018

Scènes de vie

 

en Birmanie.

Avec l'aimable autorisation de Blondine, des images aux couleurs birmanes

birmanie 51

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birmanie 71

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birmanie 14

birmanie 111

 

  Blondine est déjà repartie en Terre Lointaine...

 

 

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07 novembre 2018

Jenness Cortez

 

ou le tableau, dans le tableau.

 

" Pendant des siècles, les artistes ont mis au défi leur intelligence et leurs compétences en rendant hommage aux peintres qui les ont précédés. Jenness Cortez est devenue le représentant le plus remarquable de cette facette de l'histoire de l'art au XXIe siècle. Son travail magistral lui confère une solide assise dans la lignée colorée d’artistes qui se sont appropriés des images vintage et les ont tissées dans un tissu distinctif et reconnaissable."

Karen Pope, à propos de Jenness Cortez

 

Jenness cortez-portrait photo 02

 artiste hyperréaliste américaine, née en 1944

 

Ses mises en scènes sont époustouflantes. Un magnifique talent de copiste et de créatrice très original.

A vous de voir.

jenness cortez manet's daisies

 

 

jenness cortez monet

 

 

jenness cortez renoir matin

 

 

jenness cortez van gogh

 

 

jenness cortez woman at the piano

 

 

jenness cortez apollos angels degas

 

 

jenness cortez chevaux

 

 

jenness cortez fille perle

 

 

jenness cortez ioconde

 

 

jenness cortez the voyagers winslow homer

 

 

Si vous voulez en savoir plus sur son travail, c'est : ICI

 

 

 

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06 novembre 2018

Entre deux escapades,

 

l'ouvroir est ouvert !

Je n'avais pas encore tricoté pour Vivien. C'est chose faite, mais...

pull V octobre 2018 23

pull V octo 2018 29

 

Je n'ai pas du tout aimé cette laine. Jolie à l'oeil, gris perle avec de fines bouclettes blanches

Très douce au toucher et sûrement chaude à porter mais elle a un rendu tout mou, sans aucune tenue.

C'est dommage.

Le pull va bien à Vivien. C'est l'essentiel !

 

 L'en cours

Gilet comme un grand MCI 128

MCI N° 128

Très bonne tenue de laine. J'aime les côtes torsadées et le point de riz.

Aiguilles 5.

 

 

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05 novembre 2018

Conte du lundi 128

 

norman rockwell

 

Ce pauvre grand benêt... Il en aura mis du temps pour se décider ! Depuis le temps que je désirais accrocher cette fleur à sa boutonnière ! Et maintenant, il ressemble plus à un grand-père mariant sa petite-fille qu'à un jeune marié ! Que d'années perdues... Si fier, si invincible, si rancunier finalement ! Comment passer à côté de sa chance en s'enfermant dans sa rancoeur, le regard ancré sur sa blessure d'amour-propre, les poings serrés sur le vide alors que ses élégantes mains auraient pu... Et rien. Raide, guindé, détourné de l'amour et ses attraits, revivant année après année le refus de l'aimée, flattant son chagrin comme un cheval rétif...

Il était beau. Il l'est toujours. Droit comme un i, le corps vigoureux et le cheveu à peine gris. Qui aurait dit ?... Mais on le sait bien que jamais le coeur ne se lasse. J'ai toujours espéré qu'il arrive à pardonner pour enfin vivre sa vie. Ce fut bien long... Je n'ai jamais renoncé à le voir heureux et attendri. Mais quoi, il aura fallu plus de quarante ans pour qu'il se défasse de son armure ? ... Il en a vu des mariages !... Toujours en retrait, sévère et ombrageux, lointain... J'avais peur qu'il refuse de conduire Odile à l'autel. Oui, même des années après ! Et pourtant, c'est peut-être cet événement qui l'a décidé. Il ne dira rien, l'animal ! Secret, comme toujours. Discret sur l'intime sentiment... Voici, il est prêt, il a encore belle allure !

 

Aujourd'hui encore, elle ne saura jamais ce qu'elle a été pour moi, mais je voudais remercier Anna. Pour sa patience, pour sa sagesse, pour les années de paix qu'elle a su apporter. C'est vrai, j'ai été un triste nigaud. Je me suis refusé au bonheur et c'est à elle que je dois de le tenir fermement aujourd'hui. Fermement et doublement ! Elle est très forte, Anna. Elle n'a pas besoin de tout ce blindage du coeur, de tous ces artifices pour faire croire que tout va bien, que rien ne vous touche. Elle est simple et bonne, un livre ouvert. Je l'ai fait souffrir aussi. C'est qu'il a été bien difficile de les voir tous heureux !..

Cela avait l'air si simple de décider de ne pas participer au bonheur !  Finalement, comme cela a été frustrant et fatigant. Chère Anna, elle a été veuve de bonne heure et j'ai admiré son courage. Et puis, c'est elle qui a voulu que je mène sa petite-fille à l'autel. Ce fut une grande émotion. A cause d'Anna. Grâce à Anna. Je ne savais pas... Lorsque elle a levé les yeux sur moi, je l'ai reconnue tout de suite. La grande amie de ma soeur, celle que je n'ai jamais cessé d'aimer...  mais que je m'empêchais de nommer ma chérie. La fugitive, l'inaccessible que je n'ai jamais oubliée... Même si elle était à un autre, il n'y aurait personne qu'elle dans mes bras. Voilà ce que je m'étais juré...

- Et bien, mon cher Edmond, prêt à aller retrouver la mariée ?

- Anna, chère Anna. Merci à toi,ma soeur.

 

© Lakévio

 

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03 novembre 2018

un chat dans mon café

 

Des chats dans un art éphémère super kawaii

Cette propriétaire (alias @dongurinekobei sur Twitter) d’un chat roux et gris âgé de 6 ans appelé Donguri et de deux chats adoptés dénommés Mugi et Uutan semble pour le moins inspirée par ses félins domestiques. Dans la mousse celle-ci trace en effet à la perfection leurs traits comme leurs fines moustaches, leurs yeux brillants de curiosité. Le plus étonnant et hyperréaliste portrait de chat jamais réalisé.

chat-café-1

chat cafe 4

chat cafe kat koffie7

chat cafe 6

 

Autres artistes

cafe latte art 3

cafe latte art

 

 

Vous tentez ?...

 

 

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02 novembre 2018

Une longue existence...

 

norman rockwell

Norman Rockwell

 

Les sourires peuvent cacher bien des choses

ou révéler d'heureux ou surprenants moments...

A quoi (à qui) pense donc Anna ?

A qui  (à quoi) pense donc Edmond ?

 

Je suis sûre que vous savez.

Vous partagerez leurs pensées, lundi !

 

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01 novembre 2018

Tous saints !

 

Bonne fête à nos bienheureux et saints patrons

et bonne fête à tous !

all saints day 2018

 

Toussaint 2018 

 

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30 octobre 2018

Quartier Carnot

 

Mon fils, militaire et gendarme, (petit avis à celui qui voudrait parasiter mon blog...) vient de m'apprendre la différence entre caserne (unité militaire qui regroupe les hommes) et quartier (unité militaire regroupant les hommes et leurs montures).

Fin septembre, nous sommes donc allés au Quartier Carnot, à Vincennes, aux Journées Portes ouvertes.

Du 29 septembre 2018 au 30 septembre 2018

Tout au long de ces deux journées, la Garde présente l'ensemble de ses savoir-faire, alternant les démonstrations opérationnelles, les présentations de formations à pied, à cheval, à moto... et en musique.

Unité à part entière de la Gendarmerie nationale, au service des hautes autorités de l’État, la Garde Républicaine avec ses cavaliers, fantassins, motards, choristes et musiciens , évolue quotidiennement entre l’engagement opérationnel et l’activité protocolaire.

Les motocyclistes, les fantassins, les musiciens et les cavaliers montreront le haut niveau d’entraînement nécessaire à l’exécution de leurs missions à travers de spectaculaires prestations.

En plus des démonstrations dynamiques, retrouvez sur place de nombreux stands des unités de la Garde républicaine, de secourisme, de recrutement et d’informations.

 

Voici quelques ateliers et la joie d'Augustin,

dans un futur possible, sur les traces familiales...

 

GR cavalier

 (Non, ce n'est pas LeFils !)

GR sculpture cheval

GR sculpture cheval 2

GR musique tambour

GR cuivres

GR A

GR escorte president

 

 

 

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29 octobre 2018

Conte du lundi 127

 

Serge Fiorio - Lepouvantail

 

 Les dix mots à caser :

épouvantail

cendre

escargot

tombereaux

pourchassait

fondra

minuscule

vantard

amorce

Sud-africaine

 

L'épouvantail.

Emile avait toujours été un peu vantard. Très souvent lorsqu'il racontait ses soit-disant exploits, il enjolivait pour se rendre intéressant, ce qui agaçait énormément ses camarades. A grands coups de bourrades, ils avaient obtenu qu'Emile leur confie sa plus grande peur... Le si valeureux Emile était terrorisé par l'épouvantail. Il rêvait souvent que celui-ci le pourchassait dans les champs. Il aurait bien aimé que son père enlève l'affreux bonhomme de paille qui n'effrayait aucun oiseau, bien trop sage et immobile de jour comme de nuit mais dont la silhouette, qu'il apercevait depuis son lit, pourtant minuscule à cette distance, lui causait des cauchemars.

Emile était un petit garçon intelligent et sans aucune amorce de méchanceté. Il avait compris que pour maîtriser sa peur et satisfaire son besoin de raconter des balivernes, le mieux était d'en faire des histoires que sa petite soeur pouvait entendre. Il inventa le bonhomme de paille qui, par une nuit d'orage, fut frappé par la foudre et brûla tout entier. Le lendemain dans la cendre, on avait trouvé un petit coeur tout brillant en rubis...

Il raconta le bonhomme en bois, qui allait en cachette se baigner la nuit. Malheureusement, un coup de froid soudain balaya la campagne et le bonhomme gela. Il grelottait dans ses habits raides de gel et pleurait des larmes de glace. Ce qu'il ne savait pas, c'est que dans sa poche, une grenouille s'était réfugiée pour s'abriter un moment. Avant de se sauver, elle lui confia que lorsque la glace fondra, au printemps prochain, le bois bourgeonnera et il deviendra un cerisier...

Il parla de l'homme en buis taillé, fier du grand parc entretenu par une flopée de jardiniers. Celui-ci abritait, sous sa ramure, un bel escargot et sa famille, attirés par les salades du tout proche potager...

Un autre encore, tout en branches échevelées, se plaignait que la masse des tombereaux d'olives qui passaient, menaçait sa stabilité.

Le suivant, de paille et de feuilles, n'avait qu'un désir : tout frémissant dans ses lambeaux de vêtements, il espérait s'envoler par grand vent et suivre les oiseaux qui se posaient un instant sur sa tête ou ses manches. 

Enfin le dernier, fait d'échalas et de piquets, tout raide et tout pâle sous son vieux chapeau délavé, se plaignait de solitude et chuchotait au mistral, qui l'avait rapporté à toute la contrée, que le jardinier, bien ingrat du travail accompli, l'avait oublié...

Perrine adorait ces histoires sur l'épouvantail de l'oliveraie. Le "tout vieux-tout seul" l'avait touchée. Il ressemblait au vieux bonhomme efflanqué qui tentait de chasser les moineaux du potager. Elle demanda à son père de lui fabriquer une femme pour lui tenir compagnie. Emile fut d'accord. Le père rit tout d'abord mais la maman ayant donné des vêtements, bientôt une dame épouvantail, légère et flottante fit, avec coeur, aux côtés de son compagnon, ce qu'on attendait d'elle, au moins pour un temps.

Les années s'étaient écoulées. Emile était resté au Mas des Oliviers. Il gérait la coopérative d'huile mais il était aussi auteur de livres pour enfants. A présent, ce n'était plus à Perrine qu'il racontait des histoires mais à ses lecteurs et à ses propres filles. L'épouvantail qui lui avait fait si peur et qu'il avait apprivoisé dans ses contes n'était plus qu'un souvenir mais sa compagne était encore là, fière, les bras dressés comme si elle le saluait.

Un jour de fin d'été, Emile était à sa table de travail lorsque Liesse et Joy entrèrent en trombe, tout excitées. "Papa, viens voir, la dame Epouvantail marche !..." Il allait les gronder pour l'avoir dérangé, mais en jetant un oeil à la fenêtre, il fut dérouté et, pendant un court instant, ramené à ses peurs d'enfant. En effet, l'épouvantail marchait dans l'allée... Enfin, non, ce n'était pas l'épouvantail, mais une jeune femme en pull jaune et jupe rouge, coiffée d'une capeline à rubans flottant sur ses longs cheveux noirs... Ce n'est pas sans émotion qu'Emile la rejoignit devant la figure de bois près de laquelle elle s'était arrêtée. Elle la contemplait en riant. Elle se tourna vers les filles et leur dit : "Et bien, dites-donc, ça me ressemble !"... Puis elle se présenta : elle s'appelait Claudia Baron, elle était Sud-Africaine et serait la nouvelle institutrice de l'Ecole des Vignes. Elle s'excusa d'être entrée pour voir les oliviers centenaires.

Plus tard, lorsqu'elle devint une amie proche du couple, elle raconta une drôle d'histoire à Emile. Alors qu'il était question de quitter définitivement l'Afrique du Sud à cause de la situation de plus en plus difficile, elle commença à rêver de champs d'oliviers... Les rêves se précisèrent. Elle affirma même que dans ses songes, elle avait vu exactement la propriété d'Emile : Le portail vert, les cyprès... Au loin, un homme l'attendait et tendait ses bras vers elle. Mais quand elle approchait, elle s'apercevait qu'il n'y avait pas de visage sous le chapeau de feutre. Elle n'avait pas peur ; elle savait qu'elle lui était destinée... Le rêve érair récurrent ; elle avait hâte d'arriver en France ! Elle n'avait pas cherché longtemps où elle devait s'installer. La région s'était imposée, de même que le nom du village qu'elle avait reconnu sans jamais l'avoir entendu. Puis cette fois où ses pas l'avait menée au domaine...  Elle avait été étonnée de ne pas trouver ce qu'il fallait bien nommer "l'épouvantail" qui aurait dû l'attendre... Il y avait bien un épouvantail, mais c'était... elle-même !

Emile ne lui dit jamais le fond de sa pensée, mais il écrivit... une autre histoire !

 

© Lakévio

 

 

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27 octobre 2018

Les habits de l'automne

 

Promenade en famille, en vert, rouge et or.

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Paray-le-Monial, Parc du Moulin-Liron,

dimanche 22 octobre 2018

 

 

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26 octobre 2018

Les dix à caser

 

Serge Fiorio - Lepouvantail

 

Ecrire un Conte, pour enfants ou adultes, intitulé L'épouvantail, 

en y incluant les dix mots suivants :

 

épouvantail (évidemment !)

cendre

escargot

tombereaux

pourchassait

fondra

minuscule

vantard

amorce

Sud-africaine

 

 Il était une fois, un lundi...

 

 

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25 octobre 2018

Petits cailloux

 

Un passe-temps original qui devient oeuvre d'art tant il y a de minutie et de réalisme dans la création...

Découvrez Akie Nakata

Akie-Nakata-002

 Au Japon, la jeune femme est toujours en quête de cailloux durant ses longues promenades. Des pierres lisses qu’elle ramasse et amasse pour leurs formes et qui vont être ensuite minutieusement transformées en renard, chouette, chat, tortue ou crocodile.

« La forme naturelle de la pierre est une source d’inspiration infinie » dit-elleL’artiste ne touche jamais à la forme de la pierre pour arranger une forme ou un contour. Sa démarque artistique a débuté durant une balade le long d’une rivière quand elle a heurté un galet dont la forme lui a rappelé celle d’un lapin. De là est né son art, qu’elle appelle elle-même le « stone art ». 

 

akie nakata chouette

akie nakata painted stones

akie nakata-opossum-stone-art 2

akie nakata-opossum-stone-art

akie-nakata-stone-art4

 

akie nakata-Animal-Stone-Paintings-16

akie nakata dog

akie nakata dog-Stone

akie nakata lions

akie nakata realistic-miniature-animals-painted-onto-found-stones

Vous pouvez la suivre sur Instagram ou sur son blog ICI

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24 octobre 2018

T'as voulu voir Vierzon

 

Vierzon ? Non, Mâcon !

Balade en amoureux sous le soleil radieux de l'été indien.

macon 2018 pont saint laurent

macon 2018 44 saint laurent sur saone

macon 2018 55 parcours vieille ville

macon 2018 portail academie

macon 2018 maison de bois rue dombey-place aux herbes

macon 2018 maison de bois detail

macon 2018 dome hotel-dieu

macon 2018 hotel des postes

macon 2018 vieux sainbt vincent ancienne cathedrale en ruines

macon 2018 fleches de saint pierre

 

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23 octobre 2018

Samuel Silva

 

L'artiste au stylo à bille.

Difficile à croire mais c'est vrai !

Samuel-Silva-01-portrait photo

Samuel Silva, (il utilise aussi le pseudonyme Vianarts, sur les sites d'Art populaire) est né au Portugal en 1983. Présentement avocat en Grande-Bretagne, il a l'art dans la peau et au bout du stylo ! C'est en effet avec cet instrument et non pas un pinceau qu'il réalise ces brillants portraits hyper-réalistes...

L’artiste, travaillant d'après photos, utilise des stylos à bille BIC à flux régulier de plusieurs couleurs. Chaque dessin peut prendre de 5 à 50 heures pour être entièrement réalisé. Pour compliquer le défi, l’encre de stylo à bille sèche instantanément et ne peut pas être effacé (donc pas le droit à la moindre erreur) . L’artiste réalise le dessin par couches, les différentes couleurs se superposent pour créer l’illusion de l’assemblage et l’illusion des couleurs.

samuel silva 21

samuel silva 71

samuel silva 7

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samuel silva margay_cat

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samuel silva et ses stylos

 

On peut le suivre sur Facebook.

 

 

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22 octobre 2018

conte du lundi 126

 

Peregrine Haethcote

 

 

... Allo, Mélie ? C'est moi. Tu as du temps pace que j'en ai une bien bonne !

Non, Pas du tout.

... Ne me fais pas ça, il faut que je te raconte ! J'étais avec So hier. après-midi. On était chez Carmina à essayer des robes pour la soirée chez Guy, l'américain, tu sais, celui qui...

En fait, là, je n'ai pas le temps. Et même tu me déranges.

... Ouh la la ! Tu es d'une humeur ! C'est important, je te dis ! Il nous est arrivé un truc. Faut que tu sois au courant ! Tu es déjà au courant ?...

Non, mais je...

... Alors, tu dois savoir. Ce n'est pas parce que tu as tes plans que tu dois zapper les copines !

Ecoute, je ne voulais pas...

... Fais pas ta précieuse ! Tu es comme tout le monde et parfois tu te gourres et tu vas te jeter dans la gueule du loup. On veut juste t'avertir. On est même bien gentilles de te le dire parce que tu nous laisses souvent tomber pour des plans perso et là, je le sens pas, ton plan perso et même il pue !

Faudrait me laisser parler !

... C'est trop grave pour que je te laisse parler. Toi, tu dois écouter. Ne te fie pas aux amis de Guy. Cette bande d'américains, c'est des truands. Pire, même !

Comment ça ?

... Je ne raconte pas n'importe quoi. Je résume puisque tu es pressée. Chez Carmina, il y avait une femme. Très grande, très belle. Elle nous a regardé et écouté un moment papopter pendant nos essayages. Elle nous a parlé. Elle a parlé de nous, de toi aussi, demandant où tu étais. Elle nous connaissait. Elle a dit qu'elle serait à la soirée. C'était une américaine. Tu la connais ?...

Mais pas du tout ! c'est toi qui...

... Oui, je sais. C'est moi qui aie trouvé Guy. Mais je te dis de faire attention si tu le rencontres. Leur intérêt, c'est louche. Ils savent trop de choses sur nous...

Tu te fais des films !

... Elle avait une façon de nous jauger... Elle m'a fait peur. Tu sais, la petite voix de la prudence... Si tu vois Guy, fais gaffe à ce que tu bois ou ce que tu manges...

Bon, je te laisse là.

... On dirait que tu me crois pas. Tu penses que je suis juste jalouse ?

Oui, c'est ça ! 

... Tu es vraiment naïve et imprudente. Tu ne trouves pas qu'ils sont un peu vieux pour nous, insistants et curieux et... bizarres ? J'aurais peut-être dû commencer par ce qu'il a failli arriver à So hier soir à la soirée de Guy...

OK ! Rappelle-moi ce soir. Désolée, je file, là !

 

 

© Lakévio

Posté par lakevio à 06:02 - - Commentaires [25] - Permalien [#]