Fès et le Rif
Fès, Meknès, Marrakech, Essaouira, Casablanca, Tanger, Ouarzazate... La première fois que ces mots ont chanté dans mon coeur, c'est à l'écoute des récits de mon père.
Militaire de carrière, il avait participé à la Guerre du Rif et à la campagne de pacification des régions au Nord du Maroc en 1925 et 26. Hormis les batailles, il en avait gardé un chaleureux souvenir. Il racontait les souks et la medina, la montagne sauvage, les fondouk dans la kasbah, les hommes en burnous sur les ânes, les femmes voilées ou... absentes, le kawa, les sofas et la chicha et... le thé à la menthe !
Il n'a jamais pu y retourner ; j'aurais aimé l'y accompagner et je viens tout juste de réaliser "notre" rêve.
Au Royaume du Maroc, le progrès et la modernité font s'étendre les villes (pays jeune : 40% de la population a moins de vingt-cins ans !) Les bidons-villes et palmeraies disparaissent au profit des routes et cités mais... bien des endroits sont intouchables comme les vieilles villes, véritables forteresses à l'abri de leurs murailles, avec leurs ruelles étroites, bruyantes et effervescentes dans les souks et marchés. Les burnous et les ânes sont là. Les odeurs des teintures, épices et cuirs aussi. Les échoppes où l'on attire le chaland et les cris "Balak, balak !" lorsqu'une remorque ou une carriole menée par son âne veut le passage. La vie s'est presque arrêtée si ce n'est la peinture fraîche de quelque medersa ou la restauration d'un ancien caravanserail...
Ma plus grosse émotion me fut donnée dès les premières heures lorsque nous avons visité Fès. Nous sommes montés jusqu'au Fort Sud (érigé par les Français lors de la campagne du Rif). Nous avions là une vue splendide et complète de l'immense médina, la plus grande du monde, presque ainsi que l'a vue mon père et, devant nous, s'étendait la chaîne du RIF...
Dans la médina
Peu d'indications pour se situer dans l'immense dédale de ruelles, véritable labyrinthe.
Il vaut mieux se faire accompagner d'un guide.
Comme nous y étions un vendredi (jour de prière), la foule manquait.
Sur la photo ci-dessous, vous voyez trois écritures différentes : l'arabe, le berbère et le français.
Depuis quelques années le berbère est enseigné à l'école.
L'entrée d'une medersa (école coranique)
Un ancien fondouk (caravanserail)
La Zaouïa (sanctuaire) de Moulay-Idriss II ( fondateur de la ville de Fès) et son tombeau (sous drap vert, couleur de l'Islam).
Les non-musulmans ne peuvent pénétrer dans les sanctuaires ou mosquées.
On pouvait apercevoir la zaouïa depuis la porte des femmes.
Clin d'oeil ou signe du ciel : la seconde semaine, pour nous reposer de notre circuit kilométrique..., nous avons logé à l'Hotel-Club Dar Atlas. à Marrakech. Les chambres se trouvaient dans des bâtiments identiques d'un seul étage groupés autour de frais patios (photo 2 de mon précédent billet). Chaque bâtiment avait son nom propre. Devinez quel était le nôtre ?...
RIF ! Bien sûr.










