La Comédie Française en Villégiature
Oh, elle n'est pas partie bien loin mais s'est installée depuis le 11 janvier - enfin presque puisqu'il y a eu une période de grève qui a empêché l'ouverture du "Théâtre Ephémère"! - dans les Jardins du Palais Royal.
Entrée du côté Colonnes Buren.
Une salle spacieuse (750 places pour 860 dans la vieille salle), confortable (fauteuils pliants à bonne assise et de la place pour les jambes), avec une bonne acoustique et une belle visibilité pour chacun.
Photos du Net, pendant les travaux.
Le titre du billet renvoie au spectacle choisi par la Comédie Française pour l'ouverture de son Théâtre éphémère pendant les travaux de rénovation de la vieille salle.
La Trilogie de la Villégiature de Goldoni
(texte français de Myriam Tanant).
Mise en scène d'Alain Françon. Avec Anne Kessler, Éric Ruf, Bruno Raffaelli, Florence Viala, Jérôme Pouly, Laurent Stocker, Guillaume Gallienne, Michel Vuillermoz, Elsa Lepoivre, Hervé Pierre, Adrien Gamba-Gontard, Georgia Scalliet, Adeline d'Hermy, Danièle Lebrun, et les élèves-comédiens de la Comédie-Française : Romain Dutheil, Guillaume Mika, Samuel Roger, Julien Romelard et Floriane Bonanni
« Ah, liberté, liberté, si tout finit bien, ce sera un miracle »
Trilogie, parce que se succèdent trois pièces d'inégales valeurs, séparées chacune par un entr'acte. Donc, 3 pièces, 2 entractes = un spectacle de 4 heures et demie...
- Les Manies de la Villégiature : Deux familles se lancent dans les préparatifs fiévreux d'un départ en villégiature à la campagne pour quelques semaines voire quelques mois quitte à s'endetter.
- Les Aventures de la Villégiature : Oisiveté, insouciance, amours et rivalités et la fortune qui se dilapide
- Le Retour de la Villégiature : Il faut rentrer. La réalité aura raison des espoirs et des sentiments.
Rien à dire de la Mise en Scène d'Alain Françon. Classique. Décors inégaux ; le plus réussi étant celui des Aventures. Comme toujours, les acteurs sont parfaits.
Mais voilà... 4 heures, c'est long et on finit par s'ennuyer.
La première partie est enlevée, rythmée, amusante avec la fièvre et les simagrés des mijaurées ainsi que les hésitations et la jalousie des amoureux transis, la sagacité des valets qui voient les maîtres courir à leur ruine. Goldoni tel qu'on le connaît.
Crédit photo @-Christophe-Raynaud-de-Lage
La seconde commence justement. Attentes, espoirs, vertu, valse hésitation entre raison et sentiments. Beau moment que celui où les valets montrent qu'ils jouissent pleinement du séjour campagnard alors que les Maîtres chicanent.
Et puis, on se surprend à avoir perdu le fil... Qui fait quoi ? Pourquoi ?... L'intérêt s'effiloche... Cette seconde pièce se termine abruptement sur une fausse lettre qui rappelle une famille à la ville.
Crédit photos @-Christophe-Raynaud-de-Lage
Troisième partie. Tout est fini, tout est ruiné. La lettre était fausse mais la ruine est vraie. Les valets payent pour les maîtres en allant en prison à leur place - pour dettes. Le destin s'accomplira donc sans tenir compte des sentiments. La Comédie du Faux et du Vrai se termine en chaos des âmes.
C'est triste et c'est long...
Crédit photo @-Christophe-Raynaud-de-Lage
Mais cela dit, je ne boude jamais longtemps la Comédie Française tant les acteurs sont époustouflants et savent toujours tirer le meilleur. D'ailleurs personne ne s'y est trompé samedi dernier : un tonnerre d'applaudissements, une dizaine de saluts, trois rideaux et la joie des comédiens devant une bonne salle.








