Mardi-Gras de Belleville à la Courtille !
Affiche de la fin du XIXe siècle
Le Faubourg du Temple du XIIe au XIXe siècle.
Au XIIe siècle, le faubourg du Temple n'était qu'un chemin de terre, que l'on empruntait pour se rendre à la "belle ville", hameau parsemé de jardins, de vergers et de potagers. On l'appelait également la Courtille. Nos ancêtres s'y rendaient pour s'y promener et prendre l'air. On construisit dans ces jardins tout d'abord des hangars pour se mettre à couvert, puis des maisonnettes.
A partir du XVIe siècle, la Courtille devint une agglomération réputée pour ses tavernes, dans lesquelles on buvait un petit vin, le "guinguet", probablement à l'origine du mot guinguette.
A Belleville, terre de vignobles, le vin, exempt de taxes et réputé pour sa qualité, se vendait moins cher qu'à Paris et la fête faisait partie de la vie quotidienne. On s'adonnait à la chanson, au théâtre, à la danse. Les guinguettes, bals et cabarets y prospéraient et prolongeaient les soirées fort tard.
Chaque année, le soir du Mardi Gras,les personnes de la bonne société, déguisées, montaient à Belleville s'encanailler et au matin du Mercredi des Cendres, un cortège exubérant de fêtards, mené par le célèbre Mylord Larsouille, descendait la Courtille après avoir "ramponné" toute la nuit, c'est-à dire bu du vin jusqu'à ne plus avoir de bouteilles ! C'était la fameuse "descente de la Courtille" qui a été maintenue jusqu'en 1838 et qui est remise au goût du jour depuis peu.
Célestin Nanteuil - La descente de la Courtille à Belleville.
Lettre de Victor Hugo à Juliette Drouet
Mardi Gras- 20 février 1849
"Je n'oublierai jamais cette matinée où je sortis de chez toi, le coeur ébloui. Le jour naissait, il pleuvait à verse, les Masques déguenillés et souillés de boue descendaient de la Courtille avec de grands cris et inondaient le Boulevard du Temple. Ils étaient ivres et moi aussi ; eux de vin, moi d'amour. A travers leurs hurlements, j'entendais un chant que j'avais dans le coeur." [...]
Jean Pezous - Descente de la Courtille
A Paris au XIXe siècle, avant le carême, trois grands cortèges célébrant le carnaval se succédaient :
- La sortie du Boeuf gras
1844
- Le cortège de la Reine des Lavoirs ou des blanchisseuses
1891
- La descente de la Courtille, au matin du Mercredi des Cendres, clôturait les fêtes des Jours Gras.
La Descente de la Courtille par Gustave Doré 1860
Il y avait aussi, pendant ce temps de Carnaval, les célébrissimes Bals Masqués à l'Opéra (qui se trouvait alors rue Le Peletier), ouverts à tous, à raison de deux bals par soirée après minuit...
Affiche du XIXème de Haguenbahl, imprimeur-éditeur
Eugène Charles François Guérard
Alors, cette année, un gentil petit vin pour accompagner les crèpes ?...






