19 novembre 2009
Auvergne. Montferrand, suite
Visite aujourd'hui des beaux hôtels que j'ai connu sinistrés, envahis de mousse et de mauvaises herbes et menaçant de s'écrouler ! La restauration avance mais reste encore à poursuivre...
Hôtel Fontfreyde ou Maison de Lucrèce.
Je ne sais pourquoi le maître des lieux a choisi ce thème pour le balcon de sa demeure... Lucrèce est représentée au milieu, se perçant le cœur d'une dague. L'entourent son mari et son violeur...
Hôtel Régin ou de l'Annonciation


L'Ange Gabriel fait son annonce à Marie. Sur le pilier, Saint Christophe portant l'Enfant Jésus.
Hôtel de la Porte ou Maison de l'Architecte.
Au-dessus de la porte, le blason de la famille de La Porte. Il n'est pas sûr qu'un architecte ait habité là. Le nom vient peut-être seulement de la structure octogonale de l'escalier.
Hôtel de Fontenilhes
Hôtel d'Albiat ou Maison des Centaures.
Hôtel de Lignat ou Maison du Notaire
Hôtel Gaschier
Maison de l'Elephant.
D'origine romane, elle a été remaniée au XVe et XVIe siècles.
Maison de l'Ange.
Le tympan de la porte montre un ange tenant un écu aux armes de la famille propriétaire de la maison entouré de feuilles de chêne.
Maison d'Adam et Eve.
Fait partie de l'Hôtel de la Chanterie sans doute nommé ainsi parce que le Chantre de l'Eglise toute proche devait y habiter. La façade, du XIIIème, est gravement défigurée et les fenêtres, retouchées à la Renaissance, partiellement bouchées).
Le balcon de la cour est orné d'une Tentation.
Ces photos ont été trouvées sur internet. La plupart sont de Marcel Tichit (cliquez sur son nom pour en voir d'autres). Je vous recommande aussi son livre :
Montferrand, Marcel Tichit, éditions CREER.
Il y a bien d'autres trésors au fond des cours. Il suffit souvent de pousser une porte. Cette année, on poursuit la restauration des remparts.
Il fut un temps où Montferrand était un vrai château-fort entouré de douves et de fossés. Il y a encore un pont avec octroi mais il n'enjambe que la chaussée ! Et la "rue des fossés sous le séminaire" n'est plus au bord de l'eau... Qui sait, peut-être un jour la Tiretaine chantera à nouveau sous le pont !
Cet endroit me tient au cœur parce que j'ai grandi tout près, dans la propriété de mon grand-père (l'homme à la moustache assassine) où il faisait cultiver de l'angélique et fournissait ainsi tous les confiseurs de Clermont-Ferrand. Mais ceci est une autre histoire !
17 novembre 2009
Montferrand, en Auvergne
On connaît la ville de Clermont-Ferrand. Mais sait-on que ce nom vient en fait d'une union, décidée en 1630, de deux cités Clermont et Montferrand.
Un peu d'histoire :
- Clermont-Ferrand est né de la fusion, effective au 18ème (1730), de 2 cités longtemps opposées : Clermont et Montferrand.
- Villes très différentes, Clermont est une ancienne cité épiscopale d'origine antique, Montferrand une ville "neuve" fondée au 12ème siècle par les comtes d'Auvergne.
- Clermont proche de Gergovie et métropole des Arvernes, devint une brillante cité sous Auguste.
- Siège d'un évêché dès le 4ème, la première croisade y fut décidée au 11ème.
- Souvent pillée et envahie, la ville fut au centre des conflits opposant les comtes et les évêques d'Auvergne.
- Après son annexion par Philippe Auguste, l'évêque fut confirmé seigneur de Clermont.
- Catherine de Médicis se fit adjuger la seigneurie de la ville et contribua à sa prospérité.
- Enfin Louis XIII l'annexa à la Couronne.
- Rivale de Riom, elle fut embellie et agrandie par ses intendants au 18ème.
- Ville universitaire paisible jusqu'à la fin du 19ème, elle connut depuis, avec l'industrie du caoutchouc, une expansion industrielle exceptionnelle.
- Patrie de Pascal (1623-62).
- La basilique Notre-Dame est classée au Patrimoine mondial de l'UNESCO, dans le cadre des Chemins de Saint-Jacques de Compostelle.
- Maire : Serge Godard.
Borne qui montre la limite des deux cités
Montferrand, au 12ème siècle est la possession des comtes, puis des dauphins d'Auvergne, qui y établirent une base défensive.
- La ville passa aux Beaujeu, puis aux 15ème au duc de Berry, et enfin au comte d'Artois au 18ème.
- Ville marchande prospère aux 15ème et 16ème avec un atelier monétaire et ses célèbres foires.
- Au 16ème, création de la Cour des Aides, qui fut transférée à Clermont au 17ème.
- Sa fusion avec Clermont a marqué son déclin, mais a eu l'avantage de protéger son caractère médiéval.
Montferrand
Le plan général de la ville est dominé par la place ronde Marcel Sembat, site de l'ancien château dont il ne reste qu'une tour importante à l'entrée de la petite rue du château, et l'agencement des pâtés de maisons par rapport à deux grandes voies se croisant à angle droit, rues des Cordeliers et Jules Guesde (Nord-Sud), rues du Séminaire et de la Rodade (Est-Ouest). La plupart des rues sont parallèles à ces axes. C'est le long des deux grandes voies perpendiculaires que se trouvent la plupart des belles maisons du XVe et du XVIe siècles. Elles sont de deux types, d'une part la grande maison de pierre à deux corps de logis reliés par des galeries où l'essentiel de la décoration est concentré dans la cour intérieure (tourelle d'escalier, galeries), parfois une porte extérieure monumentale, d'autre part la maison à pans de bois et à encorbellement (c'est-à-dire dont les étages sont en saillie par rapport au sol).
En application de la loi Malraux de 1962, le patrimoine de Montferrand
a été classé en " secteur sauvegardé ", ce qui a permis une
restauration qui actuellement reste partielle.
L'église Notre-Dame de Prospérité est de style gothique ; elle a conservé une tour de guet surmontée d'une lanterne.
La rue Notre Dame rejoint la rue Jules Guesde (autrefois rue de la fontaine) par un escalier.
Rue Jules Guesde, au niveau de la rue Notre Dame
Carrefour des Taules, Rue Jules Guesde, Rue du Séminaire
Rue du Séminaire
Maison des 4 têtes
Autre côté de la rue du Séminaire
Hotel Pradal
Carrefour des Taules, depuis la rue de la Rodade, vue sur la rue du Séminaire.
La Maison de l'apothicaire
détails en levant le nez ! le clystère:
le malade !
La Maison des Capucins
Remarquez les différences de niveau dans les rues et le nombre d'escaliers pour accéder aux portes d'entrée. C'est que la ville est construite sur une butte et que pour faciliter la circulation - non pas des voitures,mais des charrettes et tombereaux des cultivateurs et vignerons, le sommet en a été arasé. On se retrouvait donc au niveau des soubassements et des caves et il a fallu créer les escaliers pour parvenir aux entrées du rez-de-chaussée !
La Maison de l'échauguette
L'Hôtel de Baillage
Maison à pans de bois
La Maison des Echevins
Porte de l'Hôtel Doyac
Les photos ne sont pas miennes mais de Marcel Tichit, Stéphanie Lechêne et Fille de l'Air.
Si cela vous a plu, poursuite de la Visite jeudi.
12 novembre 2009
Clermont-Ferrand 2009
Troisième volet : Voyage dans le Clermont actuel.
On peut reconnaître aisément les lieux choisis en 1900 et 1960, en fait : le centre-ville . Mais beaucoup de quartiers ont énormément changés. De nombreux vieux immeubles en pierre de lave ont disparu, cédant la place au béton et au verre... La politique du maire ressemble à "on rase tout" ! Heureusement, les Gaulois veillent et certains chantiers s'arrêtent pour cause de "fouilles archéologiques" !
Cependant il faut reconnaître que Clermont est beaucoup plus agréable que dans les années 60 ! Le centre ville a retrouvé sa sérénité grâce aux secteurs piétonniers mais aussi une certaine modernité. C'est, par exemple, LA ville du "court métrage"...
Vue générale depuis Montjuzet. Quelques immeubles de plus. la ville s'étend à présent sur les collines environnantes.
La place de Jaude entièrement redonnée aux piétons, avec cafés et terrasses.
Le Grand Hotel (1960) (de la Poste 1900) est devenu local pour une Mutuelle...
Les jets d'eau et les bassins sont bien rafraîchissants l'été !
Le "Fond de Jaude" a beaucoup changé ! Le quartier devant l'Hotel-Dieu a été rasé pour faire place à un grand complexe commerces et loisirs : le Centre Jaude ou Carré Jaude 1.
Le tramway est revenu ! Et il est rouge ! Ici, place de Jaude et toujours devant l'hôtel de Lyon ! (voir photo tramway 1953) Clermont-Ferrand a été la première ville de France à avoir un tramway électrique en 1890.
Le tramway avenue des Etats-Unis (anc. rue de l'écu suivie de la rue St louis) !
Je ne sais de quelle couleur était le tramway de 1900 mais celui que j'ai à peine connu était rouge aussi (et beige).
Rue Blatin. Le Cré*it L*onnais n'a pas quitté le coin de la rue et Vercingétorix n'est pas descendu de cheval !
Au fait, question pour "Qui veut gagner des millions ?"... Sur quelle partie du corps le cheval de Vercingétorix repose-t-il sur le socle ?
a - pattes avant
b - pattes arrières
c - le ventre
d - la queue
A vos claviers !
Boulevard Desaix : le Pri*unic est devenu Mon*prix
Rue du 11 Novembre (anc. rue neuve). La belle façade, sur la gauche, était le salon de thé de mon enfance ( A Trianon) ; c'est à présent un magasin de chocolats et pâtisseries "La Ruche Trianon".
Rue des Gras, en bas. On peut y flâner à nouveau : plus de voitures!
Rue des Gras, plus haut. Au fait, "rue des Gras" (que les minces peuvent aussi emprunter, n'est-ce pas, Mab ?) veut en fait dire "rue des gradins", dans le sens de "escaliers" car elle est très pentue et se termine par une volée d'escaliers jusqu'au porche de la cathédrale.
La Place de la Victoire, rendue aux piétons, elle aussi. C'est peut-être le lieu qui a le moins changé en un siècle. Mêmes certaines boutiques comme un magasin de tissus et une pharmacie sont encore là !
En arrivant Place Gaillard : ni vespasiennes ni horloge. Place au tramway !
La Rue du Port. beaucoup de crépi rose ou crème sur les façades pour égayer le noir de la lave. Belle restauration. Circulation limitée aussi.
La Gare de Clermont. Toujours plus grande !.. MAIS quand aurons-nous le TGV auvergnat ? On pourrait créer un TGV transversal : le BCG (mais non, pas le vaccin !) Bordeaux Clermont Grenoble remplaçant le sempiternel PLM ! ( Paris Lyon Marseille )
C'était : "une ville, un siècle". Fin du reportage.
Merci de votre fidélité.
09 novembre 2009
Flâner avec Blondine en Alsace
Euh... ? En Alsace ?...
Aaaah !!! Ouiiiiiiiiiiii !
Nous sommes bien à Strasbourg !
Et les vendanges sont faites !
Ouh, c'est haut ! C'est même plus haut que Notre-Dame !
Flânerie en "Petite France"... à la tombée du jour...
Merci Blondine !
Ce petit reportage date d'octobre mais je vous le montre aujourd'hui pour célébrer mon apprentie-journaliste. Aujourd'hui est son anniversaire. Elle a 21 ans. (Et oui, elle avait un an à la chute du mur, nous ne l'avons pas fait exprès !)
Aussi, je lui souhaite un Très Bon Anniversaire et beaucoup de "Felicità" -Bonheur - ( qui est le nom du blog qu'elle vient de créer).
Longue, longue et belle vie à toi, ma chérie, et à ton blog !
Blondine : Paris-Berlin 2008
17 septembre 2009
Balzac à Saché
Un séjour sur les rives de Loire chez des amis au coeur vaste comme le monde et nous revenons avec des souvenirs précieux.
- LeMaître aime à suivre la route des écrivains. Qu'à cela ne tienne : nos amis l'emmènent à Saché où Balzac a vécu.
Redoutable d'accompagner LeMaître rendre visite à ses Maîtres ! Il a la lenteur de l'érudit curieux de tout... Il déchiffre chaque manuscrit à la loupe, il aime à détailler les titres des ouvrages, lire et relire les pages offertes, sans compter les notes en bas de page et les explications dans les vitrines, sur les objets, sous les tableaux... Lorsque vous parvenez, vous, à la boutique-carterie-librairie inévitable dans chaque musée à la fin de la visite, il est toujours au premier étage !...
Heureusement, le parc était vaste et il y avait des chaises au soleil !

Edifiée au Moyen Age, remaniée à la Renaissance, cette demeure, qui appartenait à Jean de Margonne, ami de la famille et disons-le, amant de la mère de Balzac (et même père de son frère Henri ), fut le premier musée littéraire de France, créé par la famille Métadier, propriétaire, et inauguré en 1951. Paul Métadier, qui en fut le conservateur pendant quarante ans, jusqu'en 2002, en fit don au Département d'Indre et Loire en 1958.
Déjà fervent de la Touraine, Balzac découvrit Saché en 1823, invité par Margonne qui s'était pris d'affection pour lui. Dès lors et jusqu'en 1837, Balzac y fit des séjours prolongés. Mr de Margonne "lui devait bien ça !" !!! Et puis, à la différence de Paris, pas de loyers ou de traites à payer. Vingt-trois heures de diligence le mènent de la capitale jusqu'à Tours, puis une vingtaine de kilomètres - parfois parcourus à pied lorsque les finances sont basses - jusqu'à Saché.
Il y rédigea beaucoup de ses grandes oeuvres, dont Séraphita, La Recherche de l'Absolu, César Birotteau, Illusions perdues, Le Lys dans la Vallée, ...
On peut visiter sa chambre qu'il décrivait ainsi, en août 1837, à Mme Hanska :
"[...] ma chambre, que les curieux viennent déjà voir par curiosité, donne sur des bois deux ou trois fois centenaires, et j'embrasse la vue de l'Indre et le petit château que j'ai appelé Clochegourde. Le silence est merveilleux [...] . Je quitte toujours à regret ce vallon solitaire."

Le Grand Salon
La Salle à Manger
Manuscrits, caricatures et les fameuses figurines de la Comédie Humaine que Balzac déposait dans un tiroir lorsqu'il faisait mourir un de ses personnages pour ne pas se tromper. Il y eut quand même quelques oublis !...
- Et pour moi seule,dans ma valise, les ouvrages des "années folles"... J'aime !
MERCI, Cibou !
14 septembre 2009
Trésor de l'Art roman
Comment ? Lakévio délaisse ses souvenirs et passe à un autre registre ?
Pas du tout ! Je vais vous montrer...
Saint Hilaire la Croix
Département du Puy de Dôme (63), le village où mon père allait à l'école.
Saint Hilaire la Croix est situé à 37 kilomètres au nord de Clermont-Ferrand, sur la marge orientale du plateau des Combrailles. La commune s'étend sur 1621 hectares et regroupe environ 300 habitants répartis sur 14 villages, hameaux et lieux-dits : Le Bourg, Chamalet, Le Bournet, les Bajaris, La Rochette, Les Roches, L'Arbre de la Ronce, Le Moulin Bourret, Le Moulin Josse, Le Moulin Morel, Cébazat, Fenérol, Valmort et La Gravière. Saint Hilaire la Croix est parcourue de nombreux rus et ruisseaux qui se jettent dans la Morge (rivière), laquelle constitue la limite méridionale de la commune.
Visite en images :
Après le Monument aux Morts des deux Guerres, l'église Sainte Madeleine (XIIème siècle).
Ce fameux "trésor de l'Art roman", se dresse au bord du Lac Roy ( devenu par assimilation La Croix). On l'appelle aussi le "lac rouge" parce qu'il fut baigné jadis par le sang des martyrs, selon une tradition locale.
La "Croix de Jacques" devant le porche de l'église date de 1573.
Sainte Madeleine, une bien belle église pour un petit village. Humide et fragile, glacée à Pâques lorsque j'y accompagnais les filles du hameau que je retrouvais le temps des vacances. On y partageait alors "le pain" à la sortie de la messe. C'était en fait des morceaux de brioches offertes par une des familles des environs à tour de rôle. Une brioche comme on n'en fait plus ! Au bon beurre et bien dorée, en couronne avec des picots dessus. Un regal ! Lorsque nous allions de Clermont à la maison de mon père, celle-là même qu'il quittait de bon matin pour aller à l'école., nous ne manquions pas de nous arrêter à Combronde chez le boulanger pour acheter une ou deux brioches ainsi que l'énorme couronne de pain qui me faisait dévorer les tartines, moi la fille à l'appétit d'oiseau!
Nous ne prêtions guère attention à la statue de Marie-Madeleine (XVe siècle) qui n'était pas vraiment mise en valeur alors, lui préférant l'ange au sourire charmant qui nous remerciait en inclinant la tête lorsque nous lui glissions une pièce... Mais nous avions tout le loisir d'admirer les chapiteaux des piliers pendant le sermon !
Le Lac Roy
Le Vierge au milieu de l'étang
Cette église... appartenait au Prieuré de Sainte Madeleine du Lac Roy, en rivalité avec celui de Saint Hilaire situé à une lieue et demie plus au Sud.
C'est en fait l'annexion du prieuré St Hilaire par celui du Lac Roy ( 1324) qui donnera l'identité locale et religieuse de Saint Hilaire Lac Roy.
Histoire :
Le prieuré assure l'accueil et la sécurité des pélerins (sur la route arverne de St Jacques de Compostelle). Il prospère au cours des XIIe et XIIIe siècles.
En 1600, il n'y a plus de religieux sur place.
En 1678, il devient propriété des Pères Lazaristes qui nomment le curé de la paroisse depuis Paris.
En 1742, le prieuré est vendu comme biens nationaux et après la Révolution et la signature du Concordat, l'église devient paroissiale.
Les vestiges du prieuré Sainte Madeleine du Lac Rouge comportent un grand bâtiment à
étage, remarquable par sa vaste charpente en carène du XVIè siècle. On y trouve à présent un petit musée.
Surprenant, ce petit trésor, non ?.























































































































