06 février 2017

La Vérité-vraie 46

    - Mais qu'est-ce qu'il a ce chien, à nous suivre comme ça ?... On sent la morue, ou quoi ?... Tu as vu, Josefa ? - Je n'aime pas les chiens, Marisol ! J'en ai peur, tu sais bien... Ne t'arrête pas comme ça, ne le regarde pas. Il va bien finir par comprendre et déguerpir ! - Mais ça m'énerve ! Pourquoi nous ? Tu n'aurais pas par hasard des biscuits dans ton sac ? - Pourquoi faire ? Tu veux lui en donner ? - J'en étais sûre ! Tu as des biscuits ! Il doit les sentir... Va t'en, le chien ! allez, ouste ! Du balai !... [Lire la suite]
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30 janvier 2017

La Vérité-vraie 45

    Le bleu de tes yeux m'avaient saisi. J'avais dix ans et tu venais de rentrer dans la classe avec tes longues nattes rousses et quelques taches de rousseur sur le nez. J'entendais à peine ce que disait Miss Helen - tu arrivais d'Irlande et  tu t'appelais Marcy trucchose - parce que mon coeur bondissait férocement comme s'il voulait sortir de ma poitrine. Mon pote Jimmy, assis à côté de moi, a alors dit : "Vise les yeux de la rouquine" et j'ai su que j'avais perdu mon meilleur ami ; je l'ai poussé violemment de sa... [Lire la suite]
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23 janvier 2017

La vérité-vraie 44

    Eglantine se demandait si elle ne devait pas fermer un peu les persiennes... Mais si le rayon de soleil s'éternisait, il chaufferait la pièce et Monsieur Paul apprécierait la chaleur et les jeux de lumière, lui qui était si sensible à la beauté des choses. Vite, encore un coup de chiffon sur la table - la poussière rentre si vite côté jardin ! Le cadre avec la mère et les soeurs de Monsieur Paul bien à sa place. Dieu que ces hortensias sont magnifiques!... Eglantine n'en connaît de si énormes qu'ici. Quatre, c'est le... [Lire la suite]
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16 janvier 2017

La vérité vraie 43

    Cher papa, chère maman. J'ai poussé doucement la porte du salon et je vous ai vus dans la quiétude de cette douce après-midi d'hiver. Heureux, détendus, confiants, aimants. Je vous aime tant, moi aussi. Tu vois, Erica, je t'appelle pour la première fois "maman". J'ai mis du temps ! Papa m'avait dit que je n'étais pas obligée de te nommer ainsi parce que j'avais une maman au ciel, morte le jour de ma naissance. Il avait failli ne pas s'en remettre. Lorsque je t'ai connue, j'avais quatre ans et pas du tout l'envie... [Lire la suite]
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09 janvier 2017

La Vérité-vraie 42

    Personne ne prend plus jamais le car de nos jours... C'est bien vrai. Surtout un soir de Réveillon !... J'ai voulu lui faire plaisir ; j'ai dit que je viendrais... Je n'aurais pas dû. Je ne pensais pas que ce serait si long, dans cette nuit glaciale... J'ai l'impression que nous n'avançons pas !... Il y a peu de passagers. Cette femme et sa petite fille qui dort contre elle ; où vont-elles ? Devant moi, un gros homme assoupi, sa tête brinqueballe et sa casquette menace de tomber. De l'autre côté il y a un ado engoncé... [Lire la suite]
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19 décembre 2016

La vérité-vraie 41

   - Alors, qu'est-ce que tu en penses ?... Dire que je déteste les colliers ! En plus, ces grosses perles enfantines, si froides ! Cest trop visible et ça me serre le cou ! Si tu veux, je te le donne. Ne fais pas cette moue, Yvonne. Ce n'est pas comme si je l'avais reçu en cadeau ! C'est juste un héritage... - Evangéline, tu exagères. D'abord, il te va très bien, même si tu n'aimes pas le jaune. Et puis, c'est à toi que cousine Germaine a voulu laisser le collier parce que tu étais sa filleule. Même si tu ne l'as... [Lire la suite]
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12 décembre 2016

La Vérité-vraie 40

    C'était une après-midi grise comme celle-ci, à l'automne dernier. Il bruinait et les passants étaient rares. Je rangeais l'appartement parce que j'avais reçu des amis la veille et que la soirée s'était prolongée fort tard. J'avais même encore un peu la gueule de bois et pas vraiment envie de faire grand chose. Je m'arrêtais donc souvent à la fenêtre au spectacle mélancolique du square vide et des arbres pleureurs. Je l'ai vu. Une, deux, trois fois. Il faisait les cent pas, hésitait, revenait, regardait les façades et... [Lire la suite]
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05 décembre 2016

La Vérité-vraie 39

    - J'aime trop cette photo, Tante Annie ! Tous ces gens alignés en rang d'oignon... Mais que font-ils donc devant ce paysage si nu. Elle est bizarre mais si drôle ! - Oui, elle est drôle, Estelle. Et pourtant, tout avait si mal débuté... J'avais vingt ans et je venais juste de commencer à travailler. Je voulais me montrer sous mon meilleur jour, aussi je faisais du zèle et j'emportais parfois du courrier à taper chez moi. En ce temps-là, nous prenions les compte-rendus ou lettres en sténo, ce sont des signes pour... [Lire la suite]
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28 novembre 2016

La Vérité-Vraie 38

    C'est là qu'elle habitait, Huguette. Au deuxième étage, au fond de la courette, au-dessus du magasin. J'étais rentré dans l'impasse pour fumer tranquille, je crois. Le patron, y m'avait mis les nerfs ; j'avais décidé de prendre la pause.  Je la connaissais bien l'impasse, à cause de l'épicerie où Jojo m'envoyait chercher les litrons. Ils buvaient sec au garage ! Pas moi ; j'aimais pas ça et puis ça me rendait malade quand je voulais faire comme tout le monde. C'est pour ça qu'ils me taquinaient. Taquiner, oui,... [Lire la suite]
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21 novembre 2016

La Vérité-vraie 37

    Le sauvetage. Elle marchait lentement sur le trottoir crotté et mouillé, se laissant bousculer par les gens pressés qui entraient et sortaient des Grands magasins du Boulevard Haussmann. C'était un jour gris et maussade comme son humeur. Ses cheveux étaient collés par la pluie et elle n'avait aucune envie de s'arrêter pour fermer le vêtement qui l'aurait protégée. Les passants la poussaient, marchant sur ses talons, agressifs et coléreux, car elle cassait le flot rythmé de la foule sur ce passage. Elle était sans... [Lire la suite]
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