03 avril 2017

Lundi 54

    Tout le monde la connaît dans le quartier. Si le monde change, il y a plus de cinquante ans qu'elle ne s'en aperçoit pas ! Elle a de nombreux surnoms "La Rêveuse", "la hippie", "l'artiste" ça c'est les plus sympathiques, "la foldingue, la zinzin, la barje", : ça c'est blessant. Elle ne fait pourtant de mal à personne. Elle aime les vêtements de couleurs. Elle porte de longues jupes amples, est toujours chaussée de sabots. Elle ne sort qu'enturbannée de foulards de couleurs vives, poudrée, maquillée et bijoutée. Mais... [Lire la suite]
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27 mars 2017

Lundi 53

    Allez, je ne tiens plus ; je le demande ! Qui est-ce donc ? Ce portrait, là... Qui avez-vous accroché sur votre mur, sous votre nez presque... Juste la longueur du divan ! Vous l'avez sous les yeux plus souvent que moi. Le connaisssez-vous ? Ce n'est pas votre fils ; vous n'avez pas de fils. Ce n'est pas vous - euh, quand vous étiez jeune ! - il ne vous ressemble pas. Votre frère, non plus !... Un ami ? Il vous est cher puisqu'il est ici. Vous l'appréciez. Est-il mort ?... Peut-être... Il a déjà l'air mort. Enfin... [Lire la suite]
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20 mars 2017

Lundi 52

    Il avait dit : "Viens, je serai au rendez-vous, au 115 de la rue du Loup. Viens, s'il te plaît. Sois en sûre, j'y serai !" Estelle n'avait pas envie de se faire prier. depuis le temps qu'elle attendait !... Il avait suffi de quelques mots et elle s'était présentée, palpitante, haletante, au rendez-vous du 115, rue du Loup. Elle n'avait pris qu'un léger bagage mais elle avait mis du rose aux joues, relevé ses cheveux parce qu'il aimerait à les décoiffer. Elle avait passé sa jolie robe bleue à la jupe si large qu'un... [Lire la suite]
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13 mars 2017

Lundi 51

    Le printemps arrivant fait toujours cet effet. Il suscite une légère euphorie... et souvent une vague d'achats. On se sent déjà d'humeur tendre et on imagine aisément se promener légère et court vêtue. Ce matin là, Céline avait souri au jardin ensoleillé. Une nappe de narcisses avait éclos sous le pommier et le massif de jonquille s'épanouissait dans le parterre près de l'entrée. Elle n'avait pu s'empêcher d'aller en cueillir pour fleurir la cuisine où elle avait petit-déjeuné derrière la vitre toute chaude de ce... [Lire la suite]
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06 mars 2017

Lundi 50

    Nous dévalions l'escalier et butions les uns dans les autres sous le porche mal éclairé. Violette regardait la troupe puis, tirant la lourde porte cochère qui fermait mal, nous poussait à la rue. Là, elle prenait la main de Dahlia et de Lilas, vérifait que Marguerite et Jasmine avaient empoigné Narcisse et s'élançait au pas de course jusqu'à l'école. Nous étions toujours en retard. Pas facile d'être à l'heure lorsqu'il s'agissait de coiffer et habiller cinq filles, sans compter le petit frère qu'il fallait laver... [Lire la suite]
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27 février 2017

La vérité-vraie 49

     La route pour rentrer chez elle ne lui était jamais pénible. Bien sûr, elle la préférait au printemps, lorsque les talus avaient le vert tendre du renouveau et que la neige des cerisiers teintait et embaumait l'allée. Dans l'herbe haute, les taches jaunes des boutons d'or et pissenlits. Dans les branches, les frétillements des ailes des oiseaux bâtissant leur nid, puis les pépiements lorque la nichée s'éveillait aux frais et clairs matins de mai. L'été était particulièrement agréable sous les ombrages des... [Lire la suite]
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20 février 2017

La vérité vraie 48

    Bertha était l'aînée, Louisa, la cadette et Dorothée la benjamine. Elles avaient eu une enfance dorée, élevées par des nurses sous la férule de gouvernantes, confiées à des précepteurs, parlant français, allemand et russe, reçues à toutes les soirées enfantines du comté. Plus tard, elles goûtèrent à la joie des parties de tennis et des promenades à cheval dans l'immense propriété que Steven Richardson, leur père, possédait dans les environs de Philadelphie. Bertha venait de faire son entrée dans le monde lorsque la... [Lire la suite]
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13 février 2017

La vérité-vraie 47

  Suis mon conseil, Marcus. Comme moi fais semblant de dormir, prends l'air innocent. ne t'émeus pas de ses lamentations, puis de ses cris, enfin de ses jurons... On ne voit rien, on n'entend rien, on a le sommeil profond. Il est probable qu'elle va demander si on ne l'a pas vu... Mais ce sera sans conviction car elle ne peut imaginer que nous en sommes capables, elle ne peut pas penser que nous sommes coupables... Car à peine si nous avons chapardé un bout de gras, un sucre par-ci, par-là, un biscuit léchouillé peut-être...... [Lire la suite]
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06 février 2017

La Vérité-vraie 46

    - Mais qu'est-ce qu'il a ce chien, à nous suivre comme ça ?... On sent la morue, ou quoi ?... Tu as vu, Josefa ? - Je n'aime pas les chiens, Marisol ! J'en ai peur, tu sais bien... Ne t'arrête pas comme ça, ne le regarde pas. Il va bien finir par comprendre et déguerpir ! - Mais ça m'énerve ! Pourquoi nous ? Tu n'aurais pas par hasard des biscuits dans ton sac ? - Pourquoi faire ? Tu veux lui en donner ? - J'en étais sûre ! Tu as des biscuits ! Il doit les sentir... Va t'en, le chien ! allez, ouste ! Du balai !... [Lire la suite]
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30 janvier 2017

La Vérité-vraie 45

    Le bleu de tes yeux m'avaient saisi. J'avais dix ans et tu venais de rentrer dans la classe avec tes longues nattes rousses et quelques taches de rousseur sur le nez. J'entendais à peine ce que disait Miss Helen - tu arrivais d'Irlande et  tu t'appelais Marcy trucchose - parce que mon coeur bondissait férocement comme s'il voulait sortir de ma poitrine. Mon pote Jimmy, assis à côté de moi, a alors dit : "Vise les yeux de la rouquine" et j'ai su que j'avais perdu mon meilleur ami ; je l'ai poussé violemment de sa... [Lire la suite]
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