26 juin 2017

Lundi 64

    Parfois un tableau vous renvoie à l'impression ou plutôt la certitude du déjà vu. Oui, j'ai connu ce petit banc de pierre. Il est toujours là, sous la petite fenêtre, à côté de la porte, dans le domaine de mon enfance. La porte beige n'a pas de marche et reste partiquement ouverte à longueur d'année. Enfin, en ce temps-là où les quelques rares voleurs ne dérobaient qu'une poignée de cerises, un peu de lilas ou un ou deux raisins dépassant de la treille !... Ce petit banc est d'origine. Grand-père a dû l'installer... [Lire la suite]
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19 juin 2017

Lundi 63

    Vittorio Ercoleo Antonetti est né le 18 février 1911 à Catane (Sicile), de Anna Caterina Morellini et de Giuseppe Michelangelo Antonetti. Sixième enfant de la famille et seul garçon, il était fort attendu. Tout avait bien commencé pour lui. Né à l'aube après quelques heures seulement de souffrance pour sa mère, il fut porté triomphalement par son père jusqu'à l'église où il fut promptement trempé dans les fonds baptismaux par Dom Domenico. A six mois ses soeurs le promenaient partout. Lorna, la dernière, qui avait... [Lire la suite]
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12 juin 2017

Lundi 62

    Lilette avait pris sa décision rapidement. La demoiselle de l'agence venait de partir ; elle était venue dire que les Tempête avaient signé. Drôle de nom que ces gens ! Mais Lilette n'avait que faire d'eux. Savoir d'où ils venaient, combien ils étaient et pourquoi ils avaient choisi sa demeure, tout cela lui était bien égal. La maison était vendue ; c'est ce qu'elle voulait. Elle n'aurait jamais cru que la chose se ferait si vite mais comme disait Caroline, la demoiselle de l'agence, la demeure avait du potentiel...... [Lire la suite]
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05 juin 2017

Lundi 61

    Les trajets en métro sont propices à tous les fantasmes. C'est ce que pensait Fabien en dévisageant ceux qui l'entouraient. Il inventait souvent des vies à ces compagnons d'infortune, serrés dans le métro bondé des heures de pointe. Pas moyen de lire. A peine pouvait-il se tenir à une barre coincé entre un sac d'écolier et un dos courbé. Trois stations épouvantables. C'était court mais horrible lorsqu'il fallait subir pressions et/ou odeurs. A Bastille, tout changeait. La plupart des passagers descendaient et avant... [Lire la suite]
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29 mai 2017

Lundi 60

     Monsieur Félix avait confiance en Madame Joséphine. Une fois par mois, il allait la voir. Oh, bien sûr, en rasant les murs, le chapeau vissé sur son crâne lisse et la tête plongée dans un journal de peur qu'on le reconnaisse... mais il y allait ! Il avait toujours rendez-vous un lundi à dix heures. Il aurait bien aimé venir plus souvent mais surtout, surtout, que personne ne découvre ses allées et venues ! Il avait un peu honte mais il se fiait aveuglément aux cartes déployées par Madame Joséphine. Il lui... [Lire la suite]
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22 mai 2017

Lundi 59

  Douze ans ! A cet âge, on ne traîne pas encore au lit à longueur de matinée. Elle avait l'habitude depuis longtemps de se lever de bon matin, sachant qu'elle serait la première à ouvrir les battants de bois puis la porte vitrée pour avoit tout à elle la prairie et le paysage. Elle venait là depuis qu'elle était toute petite, lorsque ses parents avaient acheté la bergerie et l'avaient radicalement transformée en un lieu douillet de vacances. Elle n'aimait pas l'intérieur, trop neuf, trop pratique, trop "pour de faux". Mais... [Lire la suite]
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15 mai 2017

Lundi 58

    IL A présent il guettait sa venue. Tous les jours, vers cinq heures, elle apparaissait de nulle part, fatiguée. On voyait qu'elle avait marché. Elle venait s'asseoir et commandait un thé. Dès le premier jour, il l'avait remarquée. ce n'était pas encore la grande saison et puis, elle était si blonde, si blanche, si classe... Un dame de cinéma... Pas comme celles d'aujourd'hui, non. Un peu comme ces films d'autrefois que sa mère lui avait montré avec la grande dame de Monaco... Comment s'appelait-elle ?... Cela lui... [Lire la suite]
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08 mai 2017

Lundi 57

  Qu'avait bien pu devenir Denise ?... Depuis qu'il avait retrouvé, à l'occasion de son déménagement, ce petit tableau de son oncle Gaspard, Pierre se sentait humilié d'être ainsi taraudé par la question. A l"époque on l'appelait encore Pierrot et c'était la dernière année qu'il portait des culottes courtes. C'était peut-être cela qui avait fait surgir ce sentiment d'humiliation. Les culottes courtes ! Comment être pris au sérieux quand on vous appelait Pierrot et que vous portiez des culottes courtes ! Pourtant ses... [Lire la suite]
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01 mai 2017

Lundi 56

    De la ferme elle pouvait voir en contrebas le tracteur d'Etienne tracer les larges sillons pour les semis. C'était encore matin ; la brume venait de se lever et elle admirait la panoplie de vert et de brun sur la vaste étendue. Elle ne se lassait pas - et ne se lasserait jamais - du passage des saisons sur la terre. A présent, on pourrait entendre dans le creux du fossé le chant du ruisseau lorsque les oiseaux cesseraient de piailler le réveil matinal. Elle avait même vu, hier après-midi, des papillons sur la haie.... [Lire la suite]
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24 avril 2017

Lundi 55

    La violette discrète et parfumée a toujours été la préférée de mon grand-père. Peut-être sa mère se parfumait-elle à la violette ?... En tous cas ce fut un des premiers bouquets sauvages offert à sa jeune épousée de février, ma future grand-mère. Vous rappelez-vous ? Grand-Mère jeanne disait : "Entre la connaissance et le mariage : 29 jours !"... Ils étaient jeunes, ils étaient fous. Il était séduisant, élégant et ses doux yeux bleus montraient qu'il était bon. Il voyait sur son visage la franchise, la force et la... [Lire la suite]
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