coby whitmore

 

Hilda l'avait dégoté dans une troupe de théâtre.  Elle en avait écumé de ces petits théâtres amateurs ! Elle en voulait un beau, un grand, raffiné, crédible, quoi ! Mais avant de lui donner le grand rôle, elle avait voulu voir de quoi il était capable. C'est qu'il y en avait déjà deux qui avait raté leur examen de passage : un qui ne savait pas jouer au tennis et l'autre parce qu'il ne savait pas se tenir à table et elle n'avait pas le temps de leur apprendre les bonnes manières. Celui-ci laissait encore à désirer mais c'était passable.

Elle était allée le voir jouer, puis l'avait accosté avec son charme et son sourire. Il avait bien voulu la revoir. Alors, au second rendez-vous - pas de temps à perdre, vous dis-je - elle lui avait tout déballé. Bien sûr, qu'il avait été surpris ! Mais bon, c'était le rôle de sa vie, quand même ! Salaire à la clé. Il avait bien voulu la présenter à ses amis, l'introduire dans son petit cercle. C'était très rasoir de les écouter avec leurs gesticulations et leurs tirades - ils se prenaient déjà pour la crème des acteurs - mais elle se devait de donner un peu d'elle-même ! Et puis elle devait voir comment il se comportait "au naturel". 

Mais ce naturel-là, ce n'était pas son monde. On allait voir ce qu'on allait voir.  Elle lui avait donné un carton d'invitation pour un vernissage. Elle y serait aussi mais il ne devait pas sembler la connaître. Elle avait à étudier son comportement avec des gens qui avaient de l'argent plein les poches à ne plus savoir qu'en faire au point d'acheter les croûtes infâmes de K. Premier petit rôle, passer pour l'un des amateurs de ce barbouilleur dont les oeuvres avaient actuellement la cote, le séduire, enfin, lui plaire. On allait bien voir s'il savait baratiner... Il s'en était bien sorti.

Pour l'étape suivante, elle lui avait procuré un script. Il contenait tout ce qu'il avait à savoir sur elle depuis son enfance dans le Milwaukee jusqu'à l'élection de son père qui les avaient propulsé à Wash. Alors "ils s'étaient perdus de vue"... Quand elle fut sûre qu'il connaissait les moindres détails de sa vie aussi bien qu'elle-même, elle l'envoya dans le Milwaukee où il devrait s'imposer à son ancienne bande d'amis. Il se rapprocherait de Janet ; elle n'avait pas encore la bague au doigt et connaissait très bien Hilda. Incidemment; il parlerait d'elle... Malgré les coups de fil certains de Janet, elle n'irait pas les rejoindre. 

Au retour, il devait faire connaissance avec Bruce et Jill, du cercle de Wash, et les amener à l'inviter à une soirée où ils pourraient tomber dans les bras l'un de l'autre comme deux vieux amis qui se retrouvent. Auparavant, elle avait dû s'assurer qu'il avait pris les manières et le ton de son milieu, et qu'il passait à présent pour un parfait gentleman, d'une éducation établie. Il avait fallu aussi lui choisir une occupation... Tout naturellement, il se trouva sur le chemin de Carol, qui le trouva à son goût, le présenta à son père, qui pour les beaux yeux de sa fille frivole, offrit le poste envisagé dans sa firme. Bien sûr, elle suivait tout cela de près, passe-partout invisible avec accessoires voyants quand il le fallait. C'etait un fin limier qui le lui avait enseigné.

Hilda suivait son but. Elle était au bord de la réussite. Il lui fallait à présent conclure. Le 15 décembre, date de son anniversaire, elle recevrait de son grand-père une solide petite somme, à condition... qu'elle fut mariée ! Cela serait et elle divorcerait l'année suivante. Il n'y avait pas de clause de retour.

 

© Lakévio

 

 

Deux devoirs, c'est mieux qu'un !

Voici celui de Marie-Framboise : son blog  ICI

 

Pas jalouse !

Tiens! mais c'est ma cousine Jacotte!!
Ben dis donc Loulou (c'est mon chien chéri! regarde un peu, elle a l'air d'avoir fait une nouvelle conquête! et quelle conquête! j'imagine la rencontre!"mais mademoiselle je vais vous abriter, laissez moi tenir votre parapluie pour mieux vous protéger..." Tu as vu Loulou, c'est pas Jacotte qu'il protège! ce sont ses beaux cheveux gominés! et ma bécasse de cousine toute fière et souriante qui trempe son joli bibi et son tailleur tout neuf " bleu comme vos yeux, mademoiselle!"

Ah! ce n'est pas moi qui prêterais mon imper au premier venu! d'ailleurs, personne ne me le demande...et puis "votre imper rose comme vos beaux yeux..!" tu parles d'un compliment hein ! mon Loulou !!
Ne serait elle pas jalouse la demoiselle ?!