La programmation de ce théâtre est toujours intéressante. Il faut dire qu'elle incombe au comédien Emmauel Dechartre ; forcément, c'est un gage de belle création et de travail sérieux. 

Le Théâtre 14, comme son nom l'indique ou pas, est un théâtre municipal du XIV ème arrondissement, exactement à l'opposé de notre lieu de résidence. Les parisiens sont assez attachés à leur côté ! On est de l'Est ou de l'Ouest... MAIS, à présent, nous avons le Tramway ! La jolie invention que ce tramway qui remplace les Bus de la Petite Ceinture !

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Plus de changements ! quasi porte à porte ! A nous l'Ouest ! (Arrêt Didot).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avions donc laissé passer cette pièce, peu connue, de Jean Anouilh, avec une mise en scène de Jean-Laurent Cochet et Sam Richez et des acteurs issus de son cours. Là encore, promesse de belle soirée.

Anouilh Eurydice affiche Theatre 14 2014

 

Tout le monde connaît le mythe d'Orphée et Eurydice . Eurydice enlevée à l'amour d'Orphée et qui ne pourra la retrouver qu'à condition de ne pas se retourner et la regarder jusqu'au lever du soleil... Ici Anouilh a transposé l'histoire dans le monde moderne, assez noir et sordide, café de gare, chambre d'hotel... Personnages très moyens préoccupés de leur petite personne avec au milieu l'amour d'Orphée pour Eurydice où vient pourtant se glisser jalousie et petits secrets...

 

anouilh eurydice T14 2014

 

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Jean-Laurent Cochet, père d'Orphée, harpiste de troisième catégorie toujours à la recherche non pas d'un contrat mais d'un restaurant à prix fixe est magnifique. Catherine Griffoni, mère d'Eurydice, diva qui court de cachet en cachet,  vit à la fois dans les souvenirs et dans une éternelle jeunesse : "Une mère est une confidente, surtout quand elle a votre âge !"

Norah Lehembre est une Eurydice mystérieuse avec un passé déjà bien tourmenté qu'elle aurait voulu cacher à cet amour neuf et exigeant.

Sam Richez est un peu immobile et désabusé pour être convaincant. Par contre le jeu doucereux et inquiétant de l'annonciateur de la mort, "Monsieur Henri" (Vincent Simon) est intéressant.

 

Bilan mitigé mais pour la transposition d'époque, la noirceur d'Anouilh et Jean-Laurent Cochet, cela valait la peine d'y aller.