comedie française mai 2012 musset

 

Musset a tranché : c'est non.

 

"On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : " J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui."

Perdican - Acte II, scène 5

 

Mise en scène : Yves Beaunesne

Avec :


Roland Bertin: Le Baron
Christian Blanc: Maître Blazius, gouverneur de Perdican
Pierre Vial: Maître Bridaine
Loïc Corbery: Perdican, le fils
Françoise Gillard: Rosette, sœur de lait de Camille
Marion Malenfant: Camille, nièce du baron
Danièle Lebrun: Dame Pluche

 

 

comedie française Musset badine

 Photo Brigitte Enguerrand, 2011


comedie française Musset 2012

 

Musset on ne dadine pas

 

comedie française 2012 Musset on ne badine pas 1


comedie française 2012 Musset Beaunesne

 Photos Cosimo Mirco Magliocca, 2012


Mon avis : Pour une fois, je reviens déçue... Musset m'impressionne toujours : j'aime être attentive aux détours des âmes, à la folie de l'esprit, la torture amoureuse, les affres de la passion... Et bien, cette fois-ci je n'ai été ni emportée, ni impressionnée.

Tout d'abord on n'entend pas grand chose de la jeune première, Marion Malenfant (Camille), à peine plus de  Françoise Gillard (Rosette). Même pas lorsqu'elle est dans la salle... Parce que oui, c'est fréquent lors des spectacles actuels, les acteurs sont souvent parmi les spectateurs,  dos au public de préférence... Deuxième chose que je n'ai pas vraiment apprécié.

La mise en scène... On dirait qu'elle n'est pas vraiment terminée ! Un rideau au fond, que vous pouvez voir sur la première photo, une table de billard, un banc que le jeune premier maltraite en permanence pour souligner sa passion (?) et une sorte d'armoire à glace renversée voulant simuler... une fontaine ! Bon sang, dire qu'on est à la Comédie Française ! On se croirait à la salle paroissiale !...

Que l'histoire soit projetée dans les années soixante (c'est à la mode !) - Rosette passe l'aspirateur en écoutant un tube dans un mange-disque et Perdican porte des jeans - pourquoi pas , mais on a du mal alors à croire la jeune Camille tout juste sortie du couvent et qui aspire à y retourner !!!... Ces jeune gens ne sont pas animés de passion mais hystériques à qui mieux mieux. Par contre les adultes de la pièce sont transformés soit en piètre idiot (le père de Perdican - et pourtant, c'est Bertin !), soit en nunuche (Dame Pluche), ou en alcooliques (le Gouverneur de Perdican et le curé). Franchement, ils ont du mérite !

 Attention, salle comble et applaudissements nourris. Je n'ai donné que mon humble avis !



 Comédie Française - Théâtre éphémère

du 9 mai 2012 au 17 juin 2012