Dans le grenier
Celui de la Maison des Champs.
On y accédait par la salle d'eau, au premier étage; ces vieilles fermes de campagne recèlent bien des surprises !...
Une grande porte de planches faisait office de mur dans cette petite pièce. Elle s'ouvrait facilement à l'aide d'un minuscule verrou. Le jour alors, qui entrait par la fenêtre de la salle d'eau permettait de gravir sans encombres le raide escalier aux marches vermoulues, velues de poussière et décorées d'antiques toiles d'araignées. On émergeait dans un univers très sombre aux ombres mouvantes, empli de courants d'air en hiver ou du bourdonnement des mouches en été.
Une fois l'oeil accourumé à la demi-pénombre, on remarquait qu'un petit fenêtrou grillagé laissait passer suffisamment de lumière pour pouvoir détailler les objets qui reposaient là.
Photo Dominique Sachot
En face, rien d'intéressant : planches, briques, tôles, grillage, une vieille brouette sans roue.
Sur le Net.
Sur la droite, un tarare encore en bon état,ancêtre de la batteuse. Il semblait très massif ; on imagine la peine qu'on a dû avoir à le monter là ! A côté, une pile de vans, grandes corbeilles de paille décolorées. Et dans le coin en face, un autre tarare à manivelle, beaucoup plus vieux et plus gris celui-là. Les moissons d'antan...
Tarare
Van
Photos du Net
C'est sur la gauche que se trouvait le plus intéressant. Passons sur le mobilier démonté, lit de fer, lit-bateau, armoire... Il y avait surtout le coffre aux souvenirs dans lequel étaient soigneusement rangés le châle, le chemisier de fête brodé de perles et les coiffes de ma grand-mère, quelques vieux livres d'école, des images pieuses ; ce trésor magnifique que nous avons finalement en partie sauvé des rats.
Sur le Net
Photos de famille et vieilles cartes postales
Le fameux cheval de bois taillé par mon grand-père se tenait là aussi ainsi qu'un jovial marin en caoutchouc, oublié à la maison verte, celui de ma petite enfance...
Photo de Daniel Blaise - Juil 1979 - Le grenier.
J'y ai aussi retrouvé un ou deux magazines pour enfants achetés pour les vacances et qu'année après année je revenais lire là, à l'écart du monde des vivants mais environnée de la tendre vigilance des disparus. Les araignées me font peur, pas les fantômes du passé et il y en a de très accueillants dans cette maison. Je suis sûre qu'ils étaient contents de ma visite !




































