C'est dimanche. 

Mais pas un dimanche émerveillé. La faute à l'Exposition Munch. Pas gai, le Monsieur... La faute au temps trop ramollo, trop poissant, trop griseux, qui voudrait bien mais qui ne fait pas, qui joue les sautes d'humeur depuis l'automne. Ou je transpire ou je frissonne.

ON EST EN HIVER, bon sang ! Un peu de gel, un peu de givre, du vrai froid, une mauvaise bise et du verglas (euh, non, ça tu gardes) mais l'HIVER, pas l'automne ou le printemps ! Tout ça pour nous causer plus tard des catastrophes de tornades et de tempêtes, des calamités de précipitations et d'inondations. Eh, oh, du calme là-haut ! On respecte les SAISONS ! on est dans un pays TEM-PÉ-RÉ !... Non mais !


Bon, assez râlé. Je vous le donne mon poème du dimanche.



En hiver la terre pleure ;
Le soleil froid, pâle et doux,
Vient tard, et part de bonne heure,
Ennuyé du rendez-vous.

Leurs idylles sont moroses.
- Soleil ! aimons ! - Essayons.
O terre, où donc sont tes roses ?
- Astre, où donc sont tes rayons ?

Il prend un prétexte, grêle,
Vent, nuage noir ou blanc,
Et dit : - C'est la nuit, ma belle ! -
Et la fait en s'en allant ;

Comme un amant qui retire
Chaque jour son coeur du noeud,
Et, ne sachant plus que dire,
S'en va le plus tôt qu'il peut.

 

Victor HUGO

Les Quatre vents de l’Esprit

 

 

 

Kondakova Liudmila NotreDameHiver

Liudmila Kondakova