ibsen

Henrik Ibsen (1828 - 1906)

 

 

 

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au Théâtre de la Madeleine


Thème :
Nora est mariée depuis huit ans avec Torvald Helmer. Selon les conventions de l'époque, elle dépend entièrement de son mari, n'a pas d'autonomie financière et se doit de bien se comporter et lui faire honneur. Torvald a été très malade. Le médecin avait dit que seul un voyage en Italie pouvait le sauver. Sans argent, Nora décide alors d'emprunter en cachette la somme du voyage en faisant un faux en écriture -elle imite la signature de son père - sans réaliser la dimension et les conséquences de son acte. Le prêteur demande à récupérer son bien et lorsque Torvald découvre avec horreur ce qu'a fait sa femme, il réagit avec colère et dégoût.
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'" Je ne peux plus me contenter de ce que les gens disent ni de ce qu'il y a dans les livres. Je dois penser par moi-même et tâcher d'y voir clair."'
(Nora)


Mise en Scène : Michel Fau

Avec : Audrey Tautou, Michel Fau, Pascal Esso, Sissi Duparc, Nicolas Woirion, Flore Woixel et les enfants.

 

 

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photo marcel hartman@contour getty images

 

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photo marcel hartman@contour getty images

 


 

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Mon Avis : J'ai toujours aimé Nora, cette femme qui se prend en main...  Petite alouette sautillante, soit-disant sans cervelle, prisonnière du rôle de maîtresse de maison et de mère, et qui va, dans l'épreuve découvrir qu'elle a une âme, une force, une volonté et décider d'exister par elle-même, partir seule,  "sans jamais revoir" son mari.

J'ai adoré le lever de rideau. Nora est au milieu de la scène représentant le salon au moment de Noël. Debout, figée devant le sapin, tenant des jouets dans ses bras, elle a vraiment l'air d'une poupée accrochée à l'arbre de Noël... J'ai moins aimé les sauts, les gesticulations de marionnette, les cris suraigus imposés par la mise en scène à Audrey Tautou. Sans doute est-ce pour mieux souligner le changement d'allure et de ton, la voix qui se pose quand la personnalité s'assume.

Michel Fau, qui joue Torvald, mari de Nora, fait poids par sa lourdeur et son enveloppe de moralité et de contentement de soi face aux pépiements de son alouette. Pascal Elso est un bon docteur Rank. Par contre le jeu de Sissi Duparc, Kristine Linde, l'amie d'enfance, m'a semblé moins authentique.

Beaucoup se sont demandé pourquoi l'ours sur l'affiche ?... Il est le tapis du salon devant la cheminée. Une peau, sans vie, jetée là, pour le décor. A un moment, Nora s'en enveloppera. Très symbolique.

Symboliques aussi les vêtements successifs que portera l'actrice. Après le carcan de la robe de taffetas entravant ses jambes et la gangue du corset, il y a cette ultime représentation où Torvald la met en scène lorsqu'elle va danser la tarentelle lors d'une réception chez les voisins. Au retour, Torvald découvre le secret et tout est joué. Elle n'est pas anéantie par les reproches et insultes de son mari, elle réalise qu'elle n'a aucune place dans cette vie qu'on lui a faite et qu'elle veut vivre SA propre vie. Déterminée à partir, elle prend congé de Torvald dans une robe fluide et légère et avec le minimum de bagage

J'ai aimé l'effet du salon, chargé, cossu, qui se resserre peu à peu autour de Nora, exprimant la faute qu'elle ne comprend pas et l'étouffement qu'elle ressent. Je ne vois pas du tout, par contre, l'utilité du maquillage au charbon noir des yeux des personnages, fantômes blafards aux poses de cinéma muet...

Un très agréable moment, cependant. Bravo à Audrey Tautou; elle passe l'examen des planches haut la main !


du 16 février au 27 mai 2010