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Henrik Ibsen (1828 - 1906)

au Théâtre de la Colline

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Mis en scène par Stéphane Braunschweig

avec Christophe Brault, Claude Duparfait, Maud le Grevellec, Annie Mercier, Marc Susini, Jean Marie Winling.

Grand Théâtre

du 14 novembre 2009 au 16 janvier 2010.

 

"Une vie agitée s'ouvre devant moi, maintenant, une vie de combat et de sensations fortes. Et cette vie, je veux la vivre, Rebekka."


Thème : Depuis la mort de sa femme qui s'est suicidée, le pasteur Rosmer  tente de se libérer de ses entraves religieuses, familiales et sociales, appuyé dans ses idées par une amie, Rebekka West, qui demeure chez lui. Découvrant que cet espoir d'une autre vie repose sur des transgressions inavouées, il sera brisé, ainsi que Rebekka par le retour du passé.

 

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Mon avis : Ce n'est pas la première fois que je vois cette pièce et elle me fait toujours le même effet : une certaine irritation, ou, pour tout dire, une incompréhension  des personnages... Je ne peux ni adhérer à la folie illuminée et destructrice de Rebekka ni à ce qui est pour moi un manque de caractère et de lucidité  pour le pasteur... A la limite, je préfèrerai presque la rigidité, les partis-pris du proviseur plutôt que les hésitations et la perte de foi en lui-même de Rosmer ! Une pièce sombre, d'une autre époque...

Et pourtant, il y a cette écriture remarquable, le théâtre dans le théâtre, la pièce à rebours ! Nous arrivons après le drame et peu à peu se dévoile devant nous ce qui a conduit à la tragédie première, ce qui saborde l'espoir d'une autre vie et rend impossible finalement l'amour éprouvé par ces êtres tourmentés, ce qui ne leur laissera finalement que le choix du suicide. Sombre, oui, très sombre...

Le décor est parfait : de hauts murs gris avec peu d'ouvertures. Des murs qui parfois s'écartent et avalent l'homme, le professeur, qui avait fait germer l'espoir d'un changement dans l'ordre établi par les générations de pasteurs, ancêtres de Rosmer, hommes d'ordre et de traditions.

Les rôles sont éprouvants. Chaque acteur tire son épingle du jeu mais Rebekka pourrait être encore plus "illuminée", plus "étrange", plus envoûtante...

J'espère apprécier davantage Une Maison de Poupée, donnée en alternance au même théâtre et qui permet l'étude de  caractères des héroïnes, Rebekka et Nora.